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Septième saison

Berlin
Philharmonie
08/21/2026 -  et 23 (Salzburg), 26 (Luzern), 29 (Edinburgh) août, 2 septembre (London), 10 (New York), 14 (Bogotá), 19 (São Paulo), 22 (Buenos Aires) octobre 2026
Edward Elgar : Variations sur un thème original « Enigma », opus 36
Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Symphonie n° 4 en fa mineur, opus 36

Berliner Philharmoniker, Kirill Petrenko (direction)


K. Petrenko (© Lena Laine)


Entre le concert donné par l’Orchestre du divan occidental-oriental il y a quelques jours à la Waldbühne et celui donné ce soir par l’orchestre maison à la Philharmonie de Berlin, le contraste était total. Les tenues décontractées avaient laissé place à de nombreuses tenues de soirée, tant pour les hommes que pour les femmes, la bière et la traditionnelle Currywurst étaient remplacées par les coupes de champagne et les petits canapés que les spectateurs les plus prévoyants peuvent – lors de chaque concert d’ailleurs – faire réserver pour les retrouver servis sur des tables numérotées à l’entracte (leur évitant ainsi de faire la queue), l’ambiance bonne enfant du concert en plein air se métamorphosant ce soir en l’habituel rendez‑vous « musicalo-mondain » de la fin août, les invités de marque étant accueillis sur un tapis rouge par Andrea Zietzschmann, intendante de l’orchestre, sous les flashs crépitants des photographes.


Programme relativement bref pour cette rentrée orchestrale, la septième portée par Kirill Petrenko, directeur musical du Philharmonique dont l’élection, à l’époque, avait beaucoup surpris le monde musical. En première partie, les célèbres Variations Enigma (1899) d’Edward Elgar (1857‑1934), que le Philharmonique de Berlin n’avait pas données depuis le mois de février 2012 sous la baguette de Sir Simon Rattle. Après une entrée sur scène et un salut rapides, comme à son accoutumée, Petrenko dirigea une œuvre dont l’opulence autant que la finesse permirent à chaque pupitre de briller à qui mieux mieux. Qu’il s’agisse des pupitres de cordes dans la première variation (« C. A. E. »), de l’alto de Diyang Mei dans la sixième (« Ysobel »), du hautbois d’Albrecht Meyer dans la dixième (« Dorabella »), du violoncelle d’Arnaud Delepelaire dans la douzième (« B. G. N. »), le Philharmonique de Berlin se para de mille couleurs et livra une interprétation enthousiasmante même si l’on aura davantage ressenti, à l’écoute, un côté « tchaïkovskien » (on pense plus d’une fois au ballet Casse‑Noisette) plutôt que des couleurs proprement britanniques. Les cordes berlinoises firent évidemment merveille dans « Nimrod » (la neuvième variation) mais comment ne pas également admirer les éclats de cuivres (la quatrième variation notamment) ainsi que le jeu du toujours formidable Vincent Vogel aux timbales ? Triomphe des musiciens évidemment.


Après l’entracte, Kirill Petrenko dirigeait la Quatrième Symphonie (1877‑1878) de Tchaïkovski (1840‑1893) après avoir déjà donné la Pathétique (en mars 2017) et la Cinquième Symphonie deux ans plus tard, en mars 2019. D’emblée, Berlin affiche ses forces : l’entrée des quatre cors dans l’Andante sostenuto fait trembler les murs, les cuivres rougeoient, les cordes sont puissantes, les bois exemplaires (mention spéciale au nouveau deuxième clarinettiste solo, Kilian Herold). Petrenko ne tombe jamais dans la guimauve à laquelle cette musique peut parfois donner lieu et fait constamment avancer le discours, sans négliger les multiples détails orchestraux du mouvement (traits de contrebasses, interventions millimétrées des cors...). Dans le deuxième mouvement (Andantino in modo di canzona), le thème est lancé par un Albrecht Meyer au sommet de ses moyens, rejoint (puisque c’est lui qui le reprend en conclusion) par le tout aussi parfait Daniele Damiano au basson ; l’orchestre danse tranquillement (on a parfois l’impression d’entendre le « Pas de deux » de Casse‑Noisettes !), la direction du chef veillant à ne pas gêner les enchaînements mélodiques d’une finesse confondante. Si le troisième mouvement s’avéra un rien corseté (on aurait aimé que Petrenko laisse davantage de liberté aux musiciens), le Finale. Allegro con fuoco fut plus que jamais enflammé, mené tambour battant avec des cuivres et des percussions en majesté.


Comme on pouvait s’y attendre, le public se leva rapidement pour ovationner chef et orchestre, Kirill Petrenko étant bien évidemment rappelé seul sur scène avant de rejoindre le cocktail traditionnellement organisé pour les VIP et les membres de l’orchestre : une différence de plus avec le concert de la Waldbühne !


Le site de l’Orchestre philharmonique de Berlin



Sébastien Gauthier

 

 

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