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Angela Kabanová

Paris
Palais Garnier
03/08/2011 -  et 12, 16, 21, 23, 29 mars, 1er, 5 avril 2011
Leos Janácek : Kátia Kabanová

Vincent Le Texier (Savël Prokofievic Dikoj), Jorma Silvasti (Boris Grigorjevic), Jane Henschel (Marfa Ignatĕvna Kabanová), Donald Kaasch (Tichon Ivanyc Kabanov), Angela Denoke (Katia), Ales Briscein (Vána Kudrjás), Andrea Hill (Varvara), Michal Partyka (Kuligin), Virginia Leva-Poncet (Glása), Sylvia Delaunay (Feklusa), Marie-Cécile Chevassus (Une femme du peuple), Ulrich Voss (Un passant)
Chœur de l’Opéra national de Paris, Patrick Marie Aubert (chef du chœur), Orchestre de l’Opéra national de Paris, Tomás Netopil (direction musicale)
Christoph Marthaler (mise en scène), Joachim Rathke (co-metteur en scène), Anna Viebrock (décors et costumes), Olaf Winter (lumières), Thomas Stache (chorégraphie)


(© Elena Bauer/Opéra national de Paris)


L’Opéra national de Paris remet à l’affiche pour huit représentations une Kátia Kabanová (1921) salzbourgeoise datant de 1998, déjà donnée huit fois à Garnier durant l’automne 2004. L’équipe constituée autour de Christoph Marthaler est inchangée, si ce n’est l’adjonction d’un «co-metteur en scène», Joachim Rathke: collaborateur de longue date du metteur en scène suisse, il est sans doute chargé de veiller à la bonne marche de cette reprise.


On retrouve donc les décors et costumes d’Anna Viebrock qui, plutôt que de situer l’action du temps d’Ostrovski – auteur de L’Orage (1859), la pièce d’où est tiré le livret – ou de celui de Janácek, reconstituent l’atmosphère d’une «démocratie populaire» des années 1960. Réaliste jusqu’au sinistre ou au sordide, la cour d’un immeuble délabré, avec ses voisins aux fenêtres, suscite une forte impression d’enfermement, d’étouffement et d’oppression, d’autant que cette heure trois quarts s’écoule d’une seule traite dans ce décor unique. Une haute armoire permet toujours d’escamoter les personnages (ou les bouteilles d’alcool) et le bassin reste au centre du dispositif, seule figuration d’un élément liquide omniprésent, qu’il s’agisse du fleuve ou de la pluie. Mais comme Marthaler conserve son humour corrosif et son sens de la dérision, le fonctionnement du jet d’eau semble réglé sur la libido des protagonistes. Et un énigmatique aveugle continue de se déplacer aussi discrètement qu’imperturbablement tout au long des trois actes, sauf pour extraire un rat d’une des poubelles orange ou, au moment de l’orage, pour faire chuter des objets en éclatant d’un rire sardonique.


Avec cette production remontant aux années Mortier, c’est aussi le retour d’une des habituées de l’Opéra de Paris durant son mandat: Angela Denoke, de même qu’elle fut, dans L’Affaire Makropoulos, une mémorable Emilia Marty, est tout simplement Kátia, incarnant cette Emma Bovary de la Volga avec une intensité dramatique et une présence vocale bouleversantes. Seule autre rescapée de 2004, Jane Henschel campe une Kabanicha truculente et hyperactive, qui n’oublie pas pour autant de chanter. Tous trois bien typés, les ténors s’imposent inégalement: si Jorma Silvasti paraît emprunté et assez peu charismatique en Boris – mais c’est peut-être aussi le rôle qui le veut –, le Tichon de Donald Kaasch et, plus encore, le Koudriach d’Ales Briscein font preuve d’une belle aisance scénique et vocale. Nouveaux venus aussi, et avec le même succès, que la Varvara lumineuse d’Andrea Hill de le Dikoy pittoresque de Vincent Le Texier.


A la baguette, Tomás Netopil, directeur musical du Théâtre national de Prague, qui s’est déjà notamment produit à Salzbourg, Berlin (Deutsche Oper) et Munich, fait ses débuts à l’Opéra: la direction brûlante du jeune chef tchèque (né en 1975), plus en rondeur que son prédécesseur Sylvain Cambreling, enflamme un orchestre splendide, jusqu’à conférer à la partition un parfum vériste. Un seul regret: les décalages entre la fosse et la viole d’amour de Pierre Lénert, sur scène – un problème qui disparaîtra certainement au fur et à mesure que le spectacle sera rodé.


Le site de Tomás Netopil
Le site de Vincent Le Texier
Le site de Donald Kaasch



Simon Corley

 

 

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