About us / Contact

The Classical Music Network

Paris

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Intérêt croissant

Paris
Théâtre des Champs-Elysées
01/16/2007 -  et 7, 8, 9 (Dresden), 10 (London), 13 (Dublin), 14 (Amsterdam) janvier 2007
Gustav Mahler : Symphonie n° 9

Sächsische Staatskapelle Dresden, Daniel Harding (direction)


Toujours dans l’attente de son «directeur musical désigné», Fabio Luisi, qui prendra ses fonctions en août prochain, la Staatskapelle de Dresde reste fidèle au Théâtre des Champs-Elysées, où elle était déjà apparue sous la direction de Myung-Whun Chung en septembre 2005 (voir ici). Il s’agissait cette fois-ci de la conclusion d’une tournée européenne au cours de laquelle la vénérable formation saxonne a présenté la Neuvième symphonie (1909) de Mahler. Le serpent de mer de la coordination des programmes refait inévitablement surface lorsque l’on constate que le public parisien a déjà pu entendre l’œuvre avec Daniel Barenboim et la Staatskapelle de Berlin en octobre dernier (voir ici) et qu’elle sera à nouveau donnée le 3 mai prochain par Kurt Masur et l’Orchestre national de France. La question se pose d’autant plus qu’en ce premier semestre de 2007, qui marque le cinquantième anniversaire de la disparition de Sibelius, une seule symphonie du compositeur finlandais est à l’affiche dans la capitale.


Cela étant, la Neuvième de Mahler fait partie de ces pages essentielles qui non seulement supportent sans peine d’être réécoutées et approfondies, mais qui offrent aux musiciens l’occasion de livrer des interprétations éminemment personnelles. De ce point de vue, il était intéressant d’observer si Daniel Harding (trente et un ans), qui a déjà dirigé la Quatrième à la tête du National en février 2004 mais dont les précédentes prestations parisiennes ont souvent suscité des appréciations mitigées, allait s’inscrire dans la lignée des grands chefs mahlériens d’Outre-Manche, Barbirolli et Rattle.


Les deux premiers mouvements suggèrent une réponse négative. Soignant les détails et les effets, Harding fait ressortir en quoi les perspectives audacieuses ouvertes par l’Andante comodo trouveront leur aboutissement avec Schönberg, Berg ou Webern, mais il ne parvient pas toujours à hiérarchiser les différentes voix, ni, surtout, à unifier un propos qui aura rarement paru aussi fragmenté, déstructuré et erratique. A la fois didactique et anecdotique, le deuxième mouvement permet toutefois de continuer à apprécier un bel orchestre à la sonorité hors normes, jusqu’aux timbales et à la grosse caisse.


La tension monte cependant dans la Burleske, cinglante et impressionnante de virtuosité instrumentale, et dans l’Adagio, très retenu, où Harding assouplit enfin sa battue. Et que les cordes, certes pas exceptionnelles pupitre par pupitre, forment un ensemble d’une richesse et d’une plénitude réconfortantes! Avec Barenboim, la Neuvième était une question de vie et de mort, traduisant les circonstances de sa composition. Plus extérieure et plus distante, l’approche de Harding fait sans doute davantage appel à l’intellect qu’au cœur: elle a néanmoins le mérite de souligner l’influence considérable que cette musique a exercée sur l’Ecole de Vienne mais aussi sur Chostakovitch.


Le site de la Staatskapelle de Dresde



Simon Corley

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com