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Final baroque à Deauville

Normandie
Deauville (Salle Élie de Brignac)
04/22/2006 -  
Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour deux pianos et orchestre en mi bémol majeur, K. 316a [K. 365] – Marche en ré majeur, K. 249 et Sérénade n° 7 en ré majeur «Haffner», K. 248b [250]

Chie Hirai et Soo Park (pianoforte), Julien Chauvin (violon), Le Cercle de l’Harmonie, Jérémie Rhorer (direction)


Le dixième festival de Pâques de Deauville s’est achevé par une soirée consacrée exclusivement à Mozart. Après le rappel des conditions de création du festival destiné à mettre en valeur de jeunes talents, les remerciements d’usage et l’heureuse annonce de la poursuite du festival pour les dix-huit prochaines années grâce à un accord avec le groupe Lucien Barrière, par son très actif directeur artistique Yves Petit de Voize, le Cercle de l’Harmonie, sous la direction de Jérémie Rhorer, interprétait en effet, au milieu d’une forêt de microphones – le concert étant enregistré par France Musique – et devant une salle quasiment pleine où l’on pouvait repérer d’éminentes personnalités politiques et administratives, le Dixième concerto pour deux pianos et orchestre (1779) et la Marche en ré majeur K. 249 puis, dans la foulée, la Sérénade «Haffner» (1776) entrecoupée par un entracte tout à fait admissible compte tenu de la longueur de l’œuvre – près d’une heure – et de sa nature puisqu’elle était destinée à accompagner les noces de la fille de l’ancien maire de Salzbourg.


La qualité, l’homogénéité et le caractère charnu du petit orchestre d’instruments anciens, parfaitement adapté aux œuvres programmées, ont d’emblée suscité l’adhésion. La rondeur des cordes, emmenées par l’excellent Julien Chauvin, à la légèreté très italienne voire baroque et au vibrato justement limité dans la partie concertante de la sérénade, était fort bien assortie à la chaleur des clarinettes – instruments ô combien essentiels chez Mozart – et l’ensemble, bien huilé, fut dirigé de manière exemplaire, après un évident et important travail de répétition, par un chef précis. S’il devait y avoir quelques réserves, elles concerneraient principalement les cors, dont les interventions, comme la veille dans un Notturno de Luigi Boccherini, n’ont pas paru du même niveau, et, surtout, dans le concerto, les pianoforti. Ceux-ci, joués de façon assez mécanique, avaient l’inconvénient d’émettre un son sans ampleur, comme noyé dans une sorte de coton, et firent même parfois penser, lors des joutes du Rondo jubilatoire notamment, à des mandolines. Le côté italien de l’œuvre s’en trouva certes renforcé mais la richesse des timbres et la subtilité de l’orchestration mozartienne en furent indubitablement affectées.


Le public, après les incertitudes liées au final surprenant de la très brillante sérénade, se décida néanmoins à applaudir chaleureusement et put obtenir deux bis sous la forme de reprises de deux allegros de ladite sérénade, dont le final, le premier violon ayant à son tour remercié les personnalités ayant permis, par leur mécénat, l’accueil des artistes en résidence.


Rendez-vous est pris pour août prochain à Deauville où bon nombre de musiciens venus à Pâques cette année auront l’occasion de se retrouver et de montrer leurs talents et tout leur enthousiasme juvénile à un public qui, espérons-le, saura répondre présent malgré le soleil légendaire de l’été normand.



Stéphane Guy

 

 

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