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Des nouvelles de Strasbourg

Paris
Cité de la musique
06/14/2000 -  
Francis Poulenc : Les Animaux modèles (suite)
Karol Szymanowski : Symphonie (concertante) n° 4, opus 60
Erik Satie : Parade
Leos Janacek : Tarass Boulba

Piotr Anderszewksi (piano)
Orchestre philharmonique de Strasbourg, Jan Latham-Koenig (direction)

Les occasions d’entendre la Philharmonie de Strasbourg à Paris ne sont pas si fréquentes Dommage, dans ces conditions, que la salle des concerts de la Cité de la musique soit restée à moitié vide, d’autant que le programme proposait quatre oeuvres on ne peut plus différentes, mais liées par deux fils solides : deux ballets français composés durant chacune des deux guerres mondiales, par un mentor (Satie) et par l’un de ses disciples (Poulenc) ; deux poèmes exaltant, chacune au travers d’un langage extrêmement personnel, l’âme slave (Szymanowski, Janacek).

De Parade, Jan Latham-Koenig donne une lecture froide, parfaitement inexpressive et triviale, sans aucun souci de faire joli ou de s’attarder inutilement. C’est à la fois laid et bête, et c’est évidemment ainsi que cette musique doit être jouée.

Dans le reste du programme, le chef use de quelques ressorts simples, souvent efficaces : tempi rapides, attaques tranchées, vitalité, tension et générosité dans l’expression. Il est bien suivi dans ses intentions par des musiciens généralement très convaincants, particulièrement les pupitres de violons. Il est moins bien servi, en revanche, par une acoustique quelque peu confuse dans les tutti, qui désavantage les bois et les cors (sans compter un orgue phtisique).

Dès lors, la lecture des Animaux modèles est convaincante, très théâtrale, puissante nerveuse, jamais alanguie ou sucrée, à défaut d’être toujours idiomatique. Dans la Quatrième symphonie de Szymanowski, autrefois défendue par Rubinstein, la prestation de Piotr Anderszewski est, en outre, de premier ordre : contrastée, grâce à une très grande variété dans le toucher, bien intégrée à l’orchestre et fantasque à souhait.

C’est dans Tarass Boulba que certains choix interprétatifs paraissent plus contestables : si ses côtés dramatiques en sont bien rendus, cette musique aurait sans doute mérité plus d’ampleur, de respiration et de souplesse. Les grands épanchements s’y expriment donc difficilement, à l’exception notable, toutefois, de l’apothéose finale.



Simon Corley

 

 

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