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Sombre

Paris
Auditorium du Louvre
09/29/2005 -  
Maurice Ravel : Sonate pour violon et piano n° 1
José Antônio de Almeida Prado : Cançao de Amizade
Heitor Villa-Lobos : Sonate-fantaisie pour violon et piano n° 1 «Désespérance»
Robert Schumann : Sonate pour violon et piano n° 1, opus 105

Luiz Filipe Coelho (violon), Luiz Gustavo Carvalho (piano)


Soucieux de promouvoir les jeunes talents, et ce devant un public toujours aussi nombreux, l’Auditorium du Louvre présentait un récital de deux artistes brésiliens, Luiz Filipe Coelho, troisième prix au Concours Tibor Varga en 2003, et Luiz Gustavo Carvalho. Bien qu’étudiant respectivement à Berlin avec Ulf Wallin et à Vienne avec Oleg Maisenberg, c’était ici leur première prestation à Paris.


Le violoniste se distingue d’emblée par une sonorité fine, parfois à la limite de la fragilité, et par un jeu expressivement économe, élégant et retenu, jouant sur le timbre davantage que sur la puissance, qui conviennent particulièrement à la Première sonate (1897) de Ravel. José Antônio de Almeida Prado (né en 1943), élève de Camargo Guarnieri, Ligeti, Foss, Messiaen et Nadia Boulanger, est l’une des personnalités les plus importantes de la scène actuelle au Brésil et s’est notamment fait connaître par ses Cartas celestes pour piano ou ses Arcos sonoros da catedral Anton Bruckner pour orchestre. Le très bref et méditatif Cançao de Amizade laisse hélas quelque peu le public sur sa faim.


Sous-titrée Désespérance, la Première sonate-fantaisie (1913) démontre que le jeune Villa-Lobos était déjà rétif aux formes traditionnelles, s’épanouissant ici librement en épisodes lyriques dans lesquels l’influence folklorique demeure encore très discrète. Dans ce programme d’humeur décidément assez sombre, faisant fi des clichés brésiliens, la Première sonate (1851) de Schumann ne dépare nullement en guise de conclusion: parfaitement maîtrisée, et même un peu bridée dans ses mouvements extrêmes, l’interprétation rend toutefois justice au caractère capricieux et versatile de l’Allegretto central et met en valeur l’accompagnement souple et fluide de Luiz Gustavo Carvalho. On pourra d’ailleurs retrouver le pianiste dès le 12 octobre au Louvre, en compagnie du chœur Accentus dans un concert associant à nouveau Villa-Lobos et Ravel, puis le lendemain dans un récital consacré à trois compositeurs brésiliens et à Schumann.


En bis, la Sonate (1888) de Richard Strauss, initialement prévue en lieu et place de celle de Schumann, réapparaît, du moins son deuxième mouvement (Improvisation), permettant aux musiciens de conclure, avec une belle sensibilité, dans un climat enfin plus ensoleillé.



Simon Corley

 

 

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