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Victoire chinoise au Concours Long-Thibaud

Paris
Maison de Radio France
12/04/2004 -  
Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano n° 3, opus 37 [1]
Béla Bartok : Concerto pour piano n° 3, sz. 119 [2]
Franz Liszt : Concertos pour piano n° 1 [3] – Concerto pour piano n° 2 [6]
Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour piano n° 17, K. 453 [4]
Serge Prokofiev : Concerto pour piano n° 1, opus 10 [5]

Pavel Dombrowsky [1], Mu Ye Wu [2], Alberto Nosé [3], Vera Tsybakov [4], Siheng Song [5], Jean-Frédéric Neuburger [6] (piano)
Orchestre philharmonique de Radio France, Kirill Karabits (direction)


Après une finale «récital» assez ouverte (voir ici), la finale «concerto» concluait le marathon entamé depuis huit jours par les six candidats encore en course pour la vingt-huitième édition «piano» du Concours Long-Thibaud.


Succédant à l’Orchestre national de France, qui avait accompagné la finale de la précédente édition, consacrée au violon (2002), l’Orchestre philharmonique de Radio France, sous l’œil de son ancien directeur musical, Marek Janowski, président du jury, qui avait lui-même dirigé la finale et le concert de gala en 1999, était placé sous la baguette de son «jeune chef associé», Kirill Karabits. A peine plus âgé que les concurrents, l’Ukrainien ne va pas toujours leur faciliter la tâche, car son travail met en valeur un orchestre à la sonorité remarquable, il ne cherche pas contenir l’enthousiasme des musiciens, qui jouent souvent beaucoup trop fort.


Abordant le Dix-septième concerto (1784) de Mozart avec un goût irréprochable, agrémenté d’une petite tendance plus classique que romantique dans l’Andante, qu’elle ornemente d’ailleurs discrètement, Vera Tsybakov cultive une grande simplicité ainsi qu’un jeu toujours staccato ou perlé et manifeste le souci de dialoguer avec un orchestre pas toujours très précis. La Française obtient le sixième prix.


Pavel Dombrowsky demeure sérieux, dépourvu de charisme et parfois même un peu raide, mais son interprétation subtile, dépouillée et retenue du Troisième concerto (1802) de Beethoven, malgré quelques décalages avec l’orchestre, recourt à une palette d’émotions beaucoup plus large qu’en récital trois jours plus tôt, se débridant même dans le Rondo final. Le Russe est récompensé par le cinquième prix et par le prix de la meilleure interprétation (en demi-finale) de l’œuvre de Mozart.


Egal à lui-même, Mu Ye Wu livre un Troisième concerto (1945) de Bartok puissant et coloré, mais aussi maniéré et superficiel, contraint, il est vrai, de lutter avec un accompagnement vrombissant et pas toujours bien en place, assez éloigné du caractère mozartien que le compositeur souhaitait associer à cette œuvre ultime. Le Chinois reçoit le quatrième prix.


Sans doute moins éblouissant que dans son récital, Jean-Frédéric Neuburger n’en confirme pas moins, dans le Second concerto (1839/1861) de Liszt, son aptitude à donner un sens à la moindre note et à conférer une cohérence à cette partition formée d’épisodes de caractère très varié. Il est couronné du troisième grand prix, du prix du public, du prix de l’Orchestre philharmonique de Radio France et du prix de la meilleure interprétation de l’œuvre imposée (la Sonate phonomorphique de Richard Dubugnon). La déception du public – anticipée par Marek Janowski, qui, avant d’annoncer les résultats, avait indiqué que les décisions du jury avaient fait l’objet d’un consensus – doit être relativisée par le fait qu’à tout juste dix-huit ans, le pianiste français, par ailleurs compositeur et organiste, est certainement à l’orée d’une immense carrière et rejoint Paul Badura-Skoda, Bruno Leonardo Gelber, Elisabeth Leonskaïa ou Jacques Rouvier, c’est à dire le club très prestigieux des «troisièmes grands prix Marguerite Long».


Nettement plus nuancé que dans sa précédente prestation, mais peut-être techniquement un peu moins sûr, Alberto Nosé s’illustre néanmoins avec classe et panache dans un Premier concerto (1849) de Liszt très élégant, culminant dans un Quasi adagio qui tenait presque d’un Nocturne de Chopin. L’Italien repart avec le deuxième grand prix, le prix des élèves des conservatoires de la ville de Paris et le prix de l’Académie de musique de Villecroze (qui lui permet d’enregistrer un disque).


Siheng Song, né en 1982, a donc un an de plus que Prokofiev lorsque celui-ci écrivit son Premier concerto (1912). Fantasque, virevoltant et spectaculaire, il se révèle comme le plus convaincant et le plus solide dans cette épreuve, parvenant même à surmonter un orchestre particulièrement déchaîné. Le Chinois, qui étudie en France depuis deux ans (Ecole normale de musique et CNR de Paris), remporte le premier grand prix, le prix du meilleur récital et le prix du meilleur concerto.


Le jury n’a pas décerné les prix de la meilleure interprétation de l’œuvre de Fauré et des concertos de Mozart et de Beethoven.


Enfin, le concert de gala des lauréats aura lieu au Théâtre du Châtelet le lundi 6 décembre à 20 heures et sera retransmis en direct sur France Musiques, puis sur France 3 le samedi 11 décembre à minuit.



Simon Corley

 

 

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