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Des interrogations vers la lumière Vienna Konzerthaus 11/03/2026 - et 2 février (Paris), 13 (Angers), 19 (Ostrava), 23 (Hamburg), 25 (Madrid), 27 (Donostia), 28 (Monte‑Carlo) octobre, 5 (Bonn), 18 (Tokyo), 29 (Beijing) novembre, 2 (Shanghai), 4 (Guangzhou), 20 (La Chaux‑de‑Fonds) décembre 2026 Johannes Brahms : Intermezzo, opus 119 n° 1 – Intermezzo, opus 119 n° 3 – Intermezzo, opus 118 n° 1 – Intermezzo, opus 118 n° 2 – Intermezzo, opus 116 n° 2 – Capriccio, opus 116 n° 3 – Intermezzo, opus 116 n° 4 – Intermezzo, opus 116 n° 5 – Intermezzo, opus 117 n° 3 – Rhapsodie, opus 119 n° 4 – Intermezzo, opus 117 n° 2 – Intermezzo, opus 118 n° 6
Ludwig van Beethoven : Sonate pour piano n° 32, opus 111 Piotr Anderszewski (piano)
 P. Anderszewski (© Simon Fowler)
Après un premier Intermezzo dont l’ascétisme des arpèges décomposés renvoie directement à Bach, une sorte d’intranquillité se glisse dans les pièces suivantes, comme si Piotr Anderszewski y cherchait une inatteignable vérité : des phrasés un peu heurtés, des forte trop claquants, révélant des accès de fureur soudainement extériorisés où affleure la frustration de l’interprète face aux limites expressives propres à l’instrument – une impression fort différente de son enregistrement au disque des mêmes œuvres, où les timbres paraissent bien plus feutrés. Le pianiste prend progressivement ses marques à partir de l’Intermezzo opus 118 n° 2, faisant vivre l’entrelacement des voix médianes et jouant avec le momentum de la musique. Ce Brahms tardif est abordé ici sous la forme d’une quête mystique : Anderszewski emmène l’auditeur sur des chemins escarpés jalonnés de points d’interrogation inconfortables, prenant le risque de le laisser au bord du ravin. Multipliant les interrogations plutôt qu’il ne les résout, il semble attacher plus d’importance au parcours qu’au déchiffrement du mystère. Subsiste en fin de compte une impression diffuse de déséquilibre, comme si le pianiste écartelait cette musique entre cérébralisme désincarné et impulsions fougueuses.
Si cette première partie nous laisse en quelque sorte face à un mur d’interrogations, la lecture de la Sonate opus 111 ouvre en revanche grand les portes vers de somptueux paradis sonores. On y retrouve l’immense interprète beethovénien, touchant à des sommets dans les variations de l’Arietta, cadre idéal pour manier simultanément abstraction et poésie. Faisant preuve d’une compréhension intime du langage de Beethoven, le pianiste semble posséder la matière sonore et y naviguer à l’instinct, parvenant cette fois à plonger l’auditoire au cœur de la partition dans une transe hypnotique : on ne s’étonnerait pas d’entendre autant de possibilités d’interprétation que de récitals.
Les vingt-cinq minutes de cette seconde partie laissent naturellement place à une généreuse série de bis, égrenant une liste de compositeurs dont le nom commence par la lettre B. Entre Bach et Beethoven, on remarquera un stupéfiant Rubato extrait des Trois Chansons populaires hongroises du district de Csík (Sz. 35a) de Bartók – pièce rarement jouée qui se révèle comme un véritable joyau ciselé, témoignant d’une affinité profonde du pianiste polonais avec ce langage, lui dont la mère était hongroise.
Dimitri Finker
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