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Sans décor, mais non sans éclat

Antwerp
Opera Vlaanderen
10/27/2026 -  et 29 octobre, 1er* (Antwerpen), 4, 6, 8, 10 (Gand) novembre 2026
Christoph Willibald Gluck : Orphée et Eurydice (version Berlioz)
Sophie Rennert (Orphée), Ana Quintans (Eurydice), Jiayu Jin (Amour), Lies Verholle (Une Ombre heureuse)
Koor Opera Ballet Vlaanderen, Jan Schweiger (chef de chœur), Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen, Francesco Corti (direction)


S. Rennert, A. Quintans (© Annemie Augustijns)


Un opéra en version de concert donné à sept reprises, trois fois à Anvers et pas moins de quatre autres fois à Gand : l’Opéra des Flandres aura réellement économisé sur les décors avec cet Orphée et Eurydice, dans la version de Berlioz. Peut‑être faut‑il s’attendre, plus tard dans la saison, à une production bien plus coûteuse. Mais cet opéra de Gluck se passe aisément de mise en scène et le public a eu droit à une exécution de la plus haute qualité. Les interprètes évoluent néanmoins avec un semblant de direction d’acteurs, tandis que l’orchestre, dirigé par Francesco Corti, apparaît sous des éclairages assez suggestifs.


La mezzo-soprano Sophie Rennert, excellente dans le rôle d’Orphée, affronte sa longue partie sans faillir, tout en exprimant au mieux les tourments de son personnage. La voix séduit sur toute l’étendue de la tessiture et le chant convainc par la tenue du phrasé, la pureté du legato, la précision de l’intonation et la finesse de l’ornementation, toujours à propos. Sa partenaire en Eurydice, Ana Quintans, met en valeur une voix richement timbrée, d’une belle ampleur, mais capable d’infimes nuances. Elle livre ainsi, pour sa part, une interprétation juste et rayonnante. Deux autres chanteuses interviennent ponctuellement, mais elles réussissent à attirer notre attention : la pétillante Jiayu Jin, dans le rôle de l’Amour, et pas uniquement parce qu’elle ne porte rien aux pieds, et un membre du chœur, Lies Verholle, tout en délicatesse dans le rôle de l’Ombre heureuse. La prononciation française demeure acceptable, mais une distribution entièrement francophone aurait conféré davantage de netteté et d’authenticité à toutes ces interprétations. Quant aux choristes, ils se montrent unis, éloquents, en somme parfaitement préparés.


Francesco Corti avait obtenu, dans Don Giovanni, en ce début d’année, en ce début d’année, un jeu acéré et des sonorités dégraissées. Il les obtient de nouveau dans cette œuvre, mais, cette fois, les tempi sont plus enlevés, ce qui apporte vitalité et relief à cette musique. Le chef en traduit toutefois parfaitement le ton plus intérieur, dans un équilibre rigoureusement observé entre les différents pupitres et les chanteuses. A noter, pour finir, la présence de la harpiste à l’avant‑scène, afin de produire quelque effet scénographique en relation avec l’interprète d’Orphée.



Sébastien Foucart

 

 

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