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Dans l’ombre de Berg Bruxelles Bozar, Salle Henry Le Bœuf 10/24/2026 - et 25* octobre 2026 Anton Webern : Passacaglia, opus 1
Arnold Schönberg : Verklärte Nacht, opus 4
Alexander von Zemlinsky : Lyrische Symphonie, opus 18 Maria Bengtsson (soprano), Johan Reuter (baryton)
Orchestre symphonique de la Monnaie, Alain Altinoglu (direction)
 A. Altinoglu (© Marco Borggreve)
Un beau prélude à Wozzeck, à l’affiche du 8 au 22 novembre. Ce concert de l’Orchestre symphonique de la Monnaie réunit dans un programme idéal des œuvres de trois compositeurs contemporains, étroitement liés à Berg d’une façon ou d’une autre. C’est d’ailleurs ce que souligne le chef, Alain Altinoglu, lors de sa pertinente prise de parole à l’adresse du public, alors que le programme de salle fait malheureusement l’économie d’un texte de présentation.
La prestation place cette nouvelle production sous de bons auspices, du moins quant au volet purement orchestral. Alain Altinoglu apporte intensité et relief à la Passacaille (1908) de Webern, dans une interprétation parée de teintes sombres. Concert après concert, production après production, cette formation ne cesse de convaincre par sa capacité à exprimer avec finesse l’âme des musiques qu’elle aborde, mais aussi par la beauté de ses sonorités et la qualité de ses pupitres. C’est ainsi que les cordes excellent ensuite dans La Nuit transfigurée (1899/1917/1943) de Schönberg. Cette lecture se distingue par sa clarté et sa densité, tout en se révélant ardente dans une atmosphère intime et nocturne.
Dans la Symphonie lyrique (1923) de Zemlinsky, nous succombons une fois de plus aux couleurs ensorcelantes de l’orchestre. Celui‑ci en restitue la luxuriance et la richesse sans lourdeur ni épaisseur, livrant, sous la direction d’un chef absolument maître de la forme, une exécution aux contrastes saisissants, entre passages éruptifs et moments de grande profondeur. Cette composition ardente impressionne par sa cohérence narrative, tandis que les deux solistes contribuent remarquablement à en rendre la puissance dramatique. La voix de Maria Bengtsson paraît toutefois un peu trop légère, mais son chant ne manque ni de nuances ni de délicatesse. La soprano se montre un peu trop discrète, mais elle fait preuve d’une expressivité impeccable. Nous aurions également souhaité davantage d’impact et de projection de la part de Johan Reuter, dont la voix possède néanmoins une grande force d’attraction. Le baryton déploie un timbre somptueux et chante avec éloquence.
Un opéra de Franz Schreker, c’est pour quand ?
Sébastien Foucart
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