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Dans l’espace mental de Macbeth

Liège
Opéra royal de Wallonie
09/18/2026 -  et 20*, 22, 24, 26 septembre 2026
Giuseppe Verdi : Macbeth
Luca Micheletti (Macbeth), Ewa Plonka (Lady Macbeth), Gianluca Buratto (Banco), Matteo Desole (Macduff), Alexandra Grigoras (Dama di Lady Macbeth), Lorenzo Martelli (Malcolm), Luca Dall’Amico (Un medico), Bruno Silva Resende (Un sicario), Bernard Aty Monga Ngoy (Un domestico di Macbeth), Mars Tissons (Un araldo)
Chœurs de l’Opéra royal de Wallonie, Denis Segond (chef des chœurs), Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie, Giampaolo Bisanti (direction musicale)
Stefano Poda (mise en scène, décors, costumes, lumières, chorégraphie)


(© Jonathan Berger/Opéra royal de Wallonie)


Huit ans après la précédente, voici, pour commencer la saison, un nouveau Macbeth (1847) à l’Opéra royal de Wallonie. Et c’est un véritable démiurge qui signe ce spectacle. Stefano Poda en a conçu la mise en scène, mais également les décors, les costumes, les lumières et la chorégraphie, comme il en a l’habitude. Sa dernière mise en scène dans ce théâtre remonte à 2023, et il avait déjà, dans Les Contes d’Hoffmann, réglé tous les aspects scénographiques, pour un résultat assez remarquable.


Ce qu’il a imaginé cette fois pour l’opéra de Verdi paraît tout aussi cohérent et intéressant. La direction d’acteurs demeure toutefois tout juste efficiente, aucunement négligée en tout cas, bien qu’elle soit combinée à une chorégraphie expressive et d’une belle facture plastique. Cette réalisation se distingue ainsi avant tout par sa dimension visuelle, avec un dispositif unique qui ne manque pas d’impressionner : des parois massives, constituées de corps enchevêtrés en plâtre, sur lesquelles s’intègrent des escaliers dans plusieurs directions, afin d’évoquer ces fameuses architectures en trompe‑l’œil. La scénographie, outre des effets lumineux suggestifs, comporte quelques éléments marquants, comme cette structure triangulaire enserrant un cercle, un motif ayant évidemment une certaine valeur symbolique – l’enfermement, la contrainte, ou cette cage dans laquelle les protagonistes du drame sont pris au piège. Stefano Poda privilégie l’abstraction en remplaçant la forêt de Birnam par un ensemble de lances en bois disposées comme un mikado. Le blanc et le noir constituent les deux couleurs dominantes de cette mise en scène, qui ne cherche néanmoins pas à les opposer. Stefano Poda développe ainsi, avec cette proposition scénique parfaitement intégrée, une sorte d’espace mental du drame, offrant une approche mystérieuse mais forte et pertinente de l’opéra de Verdi.


Il revient au directeur musical, Giampaolo Bisanti, de se charger de la première production de la saison, avec l’engagement et la vigueur dont il est coutumier, à la tête d’un orchestre jouant avec la fermeté et la puissance requises. Le chef parvient à maintenir constants le souffle et le climat de noirceur de cette musique, dont il exprime le tranchant et l’élan. Vocalement, l’exécution se situe à un niveau élevé. Tout d’abord, les chœurs, admirablement préparés, se montrent éloquents et persuasifs. La distribution, quant à elle, se hisse sans difficulté à la hauteur de l’enjeu, avec des profils vocaux bien caractérisés et correspondant étroitement à chaque rôle. Le couple maudit est admirablement servi par deux excellents interprètes, Luca Micheletti et Ewa Plonka, qui livrent une solide et convaincante composition de leurs personnages. Nous retenons également les contributions décisives de Gianluca Buratto en Banco, de Lorenzo Martelli en Malcolm et surtout de Matteo Desole qui affiche, dans le rôle de Macduff, un timbre des plus attrayants et un style d’une grande noblesse.


Le site de l’Opéra royal de Wallonie-Liège



Sébastien Foucart

 

 

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