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La jeunesse au sommet Paris Philharmonie 09/06/2026 - Arthur Honegger : Symphonie n° 3 « Liturgique », H. 186 [*]
Camille Saint-Saëns : Symphonie n° 3 Ivan Terekhanov (orgue)
Académie et musiciens de l’Orchestre de Paris, Olha Dondyk [*], Klaus Mäkelä (direction)
 O. Dondyk (© https://olhadondyk.com)
C’est la troisième édition de l’Académie de l’Orchestre de Paris. Après la session d’été, 43 jeunes côtoyant 35 tuteurs donnent un concert gratuit dans le cadre des Prem’s, alors qu’une trentaine, depuis 2019, a déjà rejoint l’orchestre au titre de musiciens supplémentaires. Se succèdent pour les diriger Olha Dondyk, assistante de Klaus Mäkelä, lauréate la Maestra 2024, puis le Finlandais lui-même.
Le choix d’une Symphonie d’Honegger, qui, comme Roussel ou Schmitt, n’encombre guère les programmes de concerts, ne peut que nous réjouir. Et l’Ukrainienne en donne une remarquable interprétation. Elle maîtrise brillamment la difficile partition et tient l’orchestre d’une main de fer : rien n’échappe à un bras déjà très sûr. Le « Dies irae » initial de la Symphonie liturgique, cri de douleur d’une humanité confrontée au tragique de la barbarie et de la stupidité et aspirant à une paix rédemptrice, est une vision d’apocalypse, implacable course à l’abîme. Trouvera‑t‑on l’orchestre un peu trop cuivré ? La musique elle‑même l’est et les jeunes pousses font merveille – il faut aussi compter avec une acoustique altérée par la disparition des fauteuils du parterre. L’Adagio du « De profundis clamavi » déploie sans outrance les grandes vagues de son lyrisme tourmenté, avant que la marche ténébreuse et grotesque du « Dona nobis pacem » plonge dans les ténèbres de la déréliction, d’où émergera un chant d’oiseau, signe de régénération. La direction revient ici à la noirceur du « Dies iræ », on admire une fois de plus des vents sans faille. Au‑delà d’une exécution impeccable, une interprétation à l’image de l’œuvre, puissante mais dénuée de toute lourdeur, très suggestive, sondant les abysses.
Pour qui l’a entendu diriger l’œuvre en juin 2025, Klaus Mäkelä est fidèle à lui-même dans la Symphonie avec orgue de Saint‑Saëns – mais les claviers d’Ivan Terekhanov sont assez pâlichons. Il allie toujours la grandeur et la clarté, fouillant la partition jusqu’aux moindres détails de la polyphonie, montrant tout ce que le compositeur doit aux grands maîtres du passé. A peine souhaiterait‑on un peu plus d’effusion dans le Poco adagio, mais sa sobriété le sauve de la fadeur doucereuse. Le chef construit sa lecture, d’une seule coulée : tout s’enchaîne, d’un mouvement à l’autre ou à l’intérieur d’un même mouvement. Rien ne déborde comme chez d’autres, la seconde partie est tenue, traversée d’un souffle épique sans que le pompiérisme menace. Pas moins à l’aise dans l’euphorie jubilatoire de cette Troisième Symphonie que dans les affres de la Liturgique, les jeunes, une fois de plus, sont magnifiques, notamment les cordes, d’une superbe homogénéité. Sans doute un des meilleurs concerts de ces Prem’s 2026.
Didier van Moere
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