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Promenons-nous avec Poulenc

Aveyron
Le Nayrac (Espace multiculturel)
08/13/2026 -  
Francis Poulenc : Promenades, FP 21
Luis de Freitas Branco : Mirages
Isaac Albéniz : Iberia (Deuxième Cahier) : 3. « Triana »
Lili Boulanger : Prélude en ré bémol, LB 8
Maurice Ravel : Miroirs : 3. « Une barque sur l’océan »
Jean Cras : Poèmes intimes : 1. « En Islande »
Max Reger : Kompositionen, opus 79a (extrait)
Alban Berg : Klavierstück en si mineur
Ottorino Respighi : Six Pièces pour piano, P. 44 : 3. « Notturno »
Dora Pejacevic : 6 Klavierstücke, opus 17 (extrait)
Béla Bartók : Allegro barbaro, Sz. 49, BB 63
Karol Szymanowski : 9 Préludes, opus 1 (extrait)
Edvard Grieg : Stemninger, opus 73 (extrait)
Serge Rachmaninov : 13 Préludes, opus 32 : 10. Lento
Alexandre Scriabine : Fantaisie en si mineur, opus 28

Joseph Birnbaum (piano)




On associe spontanément Poulenc à la Touraine, où il a acquis dès 1927 une belle demeure non loin d’Amboise. Cette présence perdure dans la région, car Tours héberge depuis 1997 une Académie Francis Poulenc et un Centre international de la mélodie. Sur le tard, Poulenc prit également ses habitudes dans le Var, à Bagnols‑en‑Forêt, qui, depuis 1984, lui consacre chaque année un mini‑festival.


Mais se souvient-on que la famille paternelle du compositeur est aveyronnaise ? Originaire d’Espalion, son grand‑père était propriétaire depuis 1864 du domaine de la Tour de Masse, à côté de l’abbaye de Bonneval, à quelques kilomètres de la cité établie sur les rives du Lot et située sur la voie Podiensis. Certes, la salle polyvalente porte le nom de Francis Poulenc, mais cela ne suffit évidemment pas. D’où l’excellente idée qu’ont eue l’an dernier le baryton Hervé Ribaud-Shinberg et le pianiste Joseph Birnbaum de le célébrer chaque été à Espalion et aux alentours.


Pour cette deuxième année, outre une classe de maître publique de chant et piano assurée par la soprano Isabelle Cals et les fondateurs, six concerts ont notamment permis d’entendre Philippe Cassard, Natalie Dessay, Pierre Génisson et Delphine Haidan. La musique de Poulenc est à l’honneur, bien sûr, mais pas que, loin de là, car le festival s’intitule « Francis Poulenc & Friends ».



J. Birnbaum (© Amandine Lauriol)


Le programme du récital de Joseph Birnbaum en fournit une illustration emblématique. Il est bâti sur un principe à la fois astucieux et original : chacune des dix courtes Promenades (1921) de Poulenc est associée à une, deux ou trois non moins courtes pièces contemporaines de l’enfance de Poulenc, écrites par des compositeurs originaires de onze pays européens.


Comment ne pas regretter le trop petit nombre de spectateurs présents à l’Espace multiculturel du Nayrac, à une vingtaine de kilomètres au nord‑ouest d’Espalion (et 300 mètres plus haut), avec sa salle aux fenêtres donnant sur les splendides dégradés de rouge, de rose et d’orange du soleil couchant ? Mais y en aurait‑il eu beaucoup plus dans une grande ville pour entendre des œuvres de Freitas Branco et Pejacevic, ou même des pages rares de Reger, Cras, Respighi, Szymanowski, Berg et Lili Boulanger ? Et voit‑on si souvent que cela au concert la musique pour piano seul de Grieg, Bartók et... Poulenc ?


C’est d’autant plus dommage que le pianiste, qui sait parler au public et présente les pièces de façon concise et exacte, séduit par sa sensibilité, son à‑propos stylistique et sa façon de faire sonner l’instrument, jusque dans un très bel épilogue russe, où le Prélude opus 32 n° 10 s’enchaîne, dans la même tonalité de si mineur, à la Fantaisie de Scriabine. Mais en bis, c’est un autre nom injustement absent des salles, celui de Mompou, avec « Le Lac » (1947), deuxième des Paysages.


Le site du Festival Francis Poulenc & Friends
Le site de Joseph Birnbaum



Simon Corley

 

 

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