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Sonate, quatuor et concerto

Gironde
Bazas (Halle de l’hôtel de ville)
08/12/2026 -  
Ludwig van Beethoven : Sonate pour piano n° 31, opus 110 – Quatuor n° 15, opus 132 – Concerto pour piano n° 4, opus 58 (arrangement Vinzenz Lachner)
Anne Queffélec (piano), Claire-Elie Tenet (contrebasse), Quatuor Girard : Grégoire Girard, Agathe Girard (violon), Hugues Girard (alto), Lucie Girard (violoncelle)


Au festival Musiques en Bazadais, après un « Ludwig fan’s I » qui était un « atelier-découverte » autour d’un pianoforte viennois et d’œuvres de Beethoven, il y a nécessairement un « Ludwig fan’s II », qui est le deuxième des trois concerts donnés au cours de cette édition dans la halle de l’ancien hôtel de ville. Comme la veille, dans la même ambiance Lions Club, par une température peut‑être encore plus élevée et juste après la fin de l’éclipse totale du Soleil, le Quatuor Girard se produit également avec une pianiste : à Dana Ciocarlie succède Anne Queffélec (née en 1948), pour un programme beethovénien partagé.


En quelques mots introductifs, elle parle de la Trente-et-unième Sonate (1821) comme d’un « portrait de Beethoven », qu’elle relie au testament d’Heiligenstadt. Après avoir fait contraster le Moderato cantabile molto espressivo, fin et retenu, avec un fantasque Allegro molto, elle réussit tout particulièrement le si atypique mouvement final : les deux ariosos bénéficient de cette concentration et de cette densité qui avaient marqué son récital de l’an passé à Châtel‑Guyon, tandis que la progression des fugues est remarquablement construite.


Comme la sonate, le Quinzième Quatuor (1825) évoque aussi une histoire de maladie et de forces retrouvées, avec son troisième mouvement intitulé « Chant sacré d’action de grâce d’un convalescent à la Divinité dans le mode lydien ». A la modernité et aux ruptures, le Quatuor Girard semble préférer des angles arrondis : même si la fratrie ne perd rien de son élan naturel ni de sa qualité instrumentale, nonobstant quelques accrocs qu’on peut sans doute attribuer à la chaleur, prévaut le sentiment d’une approche séquentielle de la partition qui peine à établir une continuité, à offrir un récit, impression qui se dissipe heureusement dans les deux derniers mouvements.


La seconde partie réunit l’ensemble des musiciens, auxquels se joint la contrebassiste Claire‑Elie Tenet pour interpréter sous un angle original une œuvre très connue. Vincenz Lachner (1811‑1893), frère cadet des compositeurs Franz et Ignaz, a adapté les cinq Concertos pour piano de Beethoven en réduisant l’orchestre à un quintette à cordes. Nécessairement frustrant, d’autant que certaines parties de la version originale sont escamotées, l’arrangement du Quatrième (1806) n’en est pas moins satisfaisant et fonctionne même parfaitement dans l’Andante con moto central, où l’orchestre est limité aux seules cordes et où Anne Queffélec atteint, par une décantation très poussée, une expression poignante. Décidément, ce concerto est sans doute celui qui sied le mieux à son tempérament poétique, mais la délicatesse de la pensée et du toucher n’empêche pas l’engagement, voire la véhémence, comme dans le développement de l’Allegro moderato initial.



Simon Corley

 

 

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