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Bon anniversaire ! Bruniquel Châteaux 07/30/2026 - et 31 juillet, 1er, 2, 5, 6, 7, 8*, 9 août 2026 Jacques Offenbach : Orphée aux Enfers Christophe Crapez (Orphée), Jeanne‑Marie Lévy (L’Opinion publique), Morgane Bertrand (Eurydice), Xavier Mauconduit (Aristée/Pluton), Margot Fillol (Cupidon), Perrine Cabassud (Vénus), Till Fechner (Mars), Frank T’Hézan (Jupiter), Aurélie Fargues (Diane), Pierre Maurel (Mercure), Emmanuelle Mercier (Junon), Dominique Desmons (John Styx), Thibaut T’Hézan (Cicéron), Matisse Allamigeon (Morphée), Jean-Yves Durastel (Bacchus)
Ensemble orchestral du Festival des châteaux de Bruniquel : Leslie Richmond, Fernando Uehara (flûte), Eléonore Courtillon (hautbois), Guillaume Teruel, Flavio Lodi (clarinette), Yannick Fromentin (basson), David Vau (cor), Orphée Rebeyrol, Romain Berteloot (cornet), Nicolas Trepp (trombone), Baptiste van de Wiele (violon), Umberto Salvetti (contrebasse), Yoshiko Moriai (clavier, chef de chant), Jeanne‑Marie Levy, Till Fechner (chefs du chœur), Jean‑Christophe Keck (direction musicale)
Frank, Thibaut et César T’Hézan (adaptation et mise en scène), Guillaume Attwood (costumes), Camille Chapuis (coiffure, maquillage), Arthur Sagnes (son), Richard Ascargorta (éclairages), Jean Bonnemort, Flavien Louis, Michel Montet, René Tabarly, Guillaume Attwood, Didier Cavalli, Thibaut, César et Frank T’Hézan, Anne‑Marie Laval, Loïc Loiseau, Atelier arts plastiques/ARSEAA Saint‑Etienne (décors et accessoires)

« Le bonheur est là » : jamais la devise du Festival des châteaux de Bruniquel n’a été autant d’actualité car la manifestation fête cette année sa trentième édition. Histoire d’un succès pas du tout annoncé mais réjouissant, celui d’un concept sui generis et attachant qui réunit toutes les générations d’un village (et ses alentours... jusqu’à Paris pour certains) pour présenter chaque année une œuvre d’Offenbach au pied des châteaux (XIIe et XVIIe) dominant les vallées de l’Aveyron et de la Vère.
Pas de signes de fatigue, car au moment d’aborder la quatrième décennie, tous les ingrédients continuent de faire recette : restauration d’avant‑spectacle à la bonne franquette ; enfants costumés qui vendent les billets de tombola (avec pour l’heureux gagnant la collection complète des DVD du festival) ; « tables d’hôtes » à base de produits locaux après la représentation, avec toute la troupe – du solo au tutti pour le Se canto occitan qui ne manque pas de conclure après 2 heures et demie du matin – dans des airs et chansons sérieux, cocasses voire lestes, notamment avec la prestation toujours très attendue de Dominique Desmons.
Ambiance bon enfant, par conséquent, mais, attention, comme le rappelle chaque année le programme : « rien sans peine ». Car chacun est à la tâche, des plus petits aux plus grands, avec tout le sérieux requis, sous la houlette de Franck T’Hézan, au four et au moulin – directeur artistique, metteur en scène, chanteur et grand manitou : c’est lui qui répond au téléphone du festival, c’est encore lui qui répond par courriel aux (très) petites heures à l’adresse de courriel du festival, et c’est lui qui, à la fin de la soirée, prend longuement la peine de venir faire saluer tous les représentants de l’ensemble des métiers, car ici plus qu’ailleurs, c’est bien d’une entreprise collective qu’il s’agit.
Même si les ouvrages rares ont toujours eu leur place à Bruniquel, et ce dès la première année avec Croquefer ou le dernier des paladins, on n’en revient pas moins régulièrement aux valeurs sûres, comme La Périchole l’an dernier et Orphée aux Enfers (1858) cette année : un très bon millésime, qui confirme lui aussi l’excellente santé du festival et qui, sans entracte deux heures et demie durant, met en joie le public, rafraîchi en outre par des bourrasques aussi fortes et brèves qu’inespérées après une journée de chaleur écrasante.
Chacun des quatre tableaux est introduit par un certain Cicéron (Thibaut T’Hézan), qui se présente, bien évidemment, comme notre cicérone car il va rappeler au public les épisodes successifs du mythe tout en montrant avec humour comment Halévy et Crémieux l’ont détourné dans le livret de leur opéra bouffe. Ensuite, l’ingéniosité bruniquelaise se déploie comme de coutume en faisant beaucoup avec peu – un même élément de décor sert tour à tour de cabane d’Aristée, de tréteau pour tout l’Olympe réuni, de serrure géante qui enferme Eurydice et d’entrée de l’auberge infernale – et en exploitant astucieusement les lieux – ainsi de l’Opinion publique qui intervient depuis une fenêtre du château à l’étage. Et puis il y a ce grain de folie qui fait tout basculer : cette année, c’est le F. E. C. (à prononcer, cela va sans dire, à l’américaine), autrement dit le fourgon express des châtiments, camion qui arrive en marche arrière côté cour pour emmener aux Enfers tout son petit monde olympien : effet garanti !
Si l’on compte deux nouveaux venus en la personne du baryton‑basse Pierre Maurel, Mercure plein d’esprit sur son ballon sauteur, et Perrine Cabassud, capiteuse Vénus, tous les autres sont des fidèles de Bruniquel, excellement distribués dans leurs emplois respectifs. Ainsi de Christophe Crapez, qui mime de façon très crédible les solos de violon joués à jardin par Baptiste van de Wiele, pour camper l’Orphée falot et veule de cette relecture du mythe. Lui aussi en veine de vis comica, Xavier Mauconduit, en Aristée et Pluton, sait aussi bien faire le beau que chanter en fausset. Jupiter ne pouvait être que Franck T’Hézan, dont la métamorphose en mouche restera comme un moment d’anthologie. Irrésistibles Till Fechner en Mars ne pouvant se séparer de son ours en peluche et Dominique Desmons en John Styx cauteleux et amnésique. Quant aux dames, elles ont assurément du chien mais aussi de la voix, à commencer par l’Eurydice intrépide de Morgane Bertrand, Margot Fillol en Cupidon et Aurélie Fargues en Diane n’étant pas en reste, tandis que Jeanne‑Marie Lévy incarne une Opinion publique d’une cocasse sévérité. A la direction musicale, c’est bien sûr Jean‑Christophe Keck, expert ès Offenbach, qui mène la danse sans temps mort, conduisant l’ensemble instrumental de treize musiciens, pour la plupart habitués du festival.
Le site du Festival des châteaux de Bruniquel
Le site de Morgane Bertrand
Le site de Pierre Maurel
Simon Corley
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