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Lozère
Le Malzieu-Ville (Place des Ursulines)
08/05/2026 -  
Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Le Lac des cygnes, opus 20 (extraits)
Maurice Ravel : Boléro
Camille Saint-Saëns : Danse macabre, opus 40 – Samson et Dalila, opus 47 : Bacchanale

Orchestre des Rencontres musicales du Malzieu, Dylan Corlay (direction)




Le pari lancé en 2014 par le hautboïste Damien Fourchy et le violoniste Simon Milone est tenu, et même plus : en un temps où les festivals sont confrontés à des difficultés croissantes, ils ont réussi à pérenniser les Rencontres musicales du Malzieu, ce qui ne paraissait pas gagné d’avance dans ce nord de la Lozère, non loin du Cantal, dont on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un espace privilégié pour ce qui est de la musique dite « classique ».


Comme de coutume, la treizième édition, du 5 au 8 août, propose quatre soirées, toutes symphoniques, complétées par trois « matinales » (concerts gratuits de musique de chambre à 10 heures), un concert dans un Ehpad et, pour la deuxième année, un stage‑atelier gratuit pour les 7‑18 ans autour de la composition de chansons. Si le temps le permet, les soirées se déroulent place des Ursulines, à l’abri des remparts : des chaises et des gradins sont disposés devant les hauts murs de l’ancien couvent, devenu un musée présentant un ensemble de peintures murales, une collection permanente d’art sacré et une exposition temporaire.


Le concert inaugural a attiré un très nombreux public de (moins de) 7 à (plus de) 77 ans, avec son lot inévitable d’enfants impossibles à maîtriser... et d’adultes tournant leur vidéo pour les réseaux dits « sociaux ». Intitulé « Danses symphoniques », il est présenté par Christophe Mirambeau, qui conjugue indéniablement passion et effort de vulgarisation, mais se laisse trop souvent aller à un propos quelque peu décousu et longuet à force d’accumuler les détails.


Placé devant la belle muraille de l’enceinte sous les lumières changeantes réglées par Edwin Garnier, l’orchestre est réduit : un musicien pour chaque instrument des familles des bois et cuivres, trois percussionnistes et quintette à cordes. Quelle que soit la qualité des arrangements réalisés par Pierre‑Olivier Schmitt, une sonorisation est nécessaire, notamment pour assurer l’équilibre entre les pupitres, mais Guillaume Jay parvient à la rendre très discrète.


La première partie est consacrée à d’assez larges extraits du Lac des cygnes (1876) de Tchaïkovski – mais quel crime que d’avoir abrégé la sublime valse du premier acte ! – qui bénéficient de la direction alerte et précise de Dylan Corlay et d’une qualité instrumentale globalement satisfaisante, à commencer par Damien Fourchy au hautbois mais aussi Arthur Escriva à la trompette, impeccable dans la « Danse napolitaine ».


Après l’entracte, Boléro (1928) de Ravel nécessite une réorganisation des solos puis des combinaisons instrumentales, qui permet d’entendre de façon inattendue l’une ou l’autre partie du thème confiée à l’alto, au violoncelle, au célesta et à la harpe. La Danse macabre (1874) et la Bacchanale de Samson et Dalila (1877) de Saint‑Saëns concluent avec brio ce court programme mais la fête n’est pas finie : Dylan Corlay, dont le charisme frappe dès les premiers mots qu’il adresse aux spectateurs, leur fait chanter Boléro, a cappella puis avec l’orchestre. Une belle façon de confirmer que ce festival parvient à offrir à un large auditoire du « classique » à la fois de qualité, accessible et divertissant. Ce n’est pas rien.


Le site des Rencontres musicales du Malzieu
Le site de Dylan Corlay
Le site de Pierre-Olivier Schmitt



Simon Corley

 

 

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