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Vers 2027 Paris Hôtel de Soubise 07/25/2026 - Ludwig van Beethoven : Sept Variations sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de « La Flûte enchantée », WoO 46 – Sonates pour violoncelle et piano n° 2, opus 5 n° 2, et n° 5, opus 102
Frédéric Chopin : Sonate pour violoncelle et piano, opus 65 Duo Ermitage : Paul-Marie Kuzma (violoncelle), Ionah Maiatsky (piano)
Rien de plus logique : refermant son édition 2026, le Festival européen Jeunes Talents propose, pour son dernier concert, de regarder vers 2027, qui marquera notamment le bicentenaire de la mort de Beethoven. D’où le programme d’une formation qu’on se réjouit de pouvoir entendre dans de meilleures conditions qu’à La Roque‑d’Anthéron en 2024 lors de la soirée consacrée aux ensembles en résidence : le Duo Ermitage, deuxième prix au Concours international de musique de chambre de Lyon (2022) quatre ans après avoir été formé par Paul‑Marie Kuzma (né en 1998), membre de l’Orchestre de Paris depuis 2021, et Ionah Maiatsky (né en 2001), premier prix du Concours Albert Roussel (2021).
La soirée se présente sous les meilleurs auspices dans la cour des Grands Dépôts des Archives nationales, où une brise bienvenue vient rafraîchir des auditeurs aussi nombreux que parfaitement attentifs, à peine distrait par quelques nuisances aériennes (mouettes, avions). Outre une évidente complicité entre les interprètes, les Variations sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » (1801) traduisent la volonté de creuser la partition, qui n’en demande peut‑être pas tant, en jouant sur l’ensemble des paramètres (dynamique, timbres, articulation) : le résultat évoque souvent Haydn ou Mozart mais la coda, quant à elle, est indéniablement bien beethovénienne.
Séparées d’à peine vingt ans, les deux sonates au programme, comme l’indiquent les artistes qui prennent la peine de présenter successivement les œuvres au public, montrent l’évolution spectaculaire du style de Beethoven. La Deuxième (1796) n’en est pas moins déjà originale par sa construction et la variété de ses climats : le violoncelle y apparaît quelque peu en retrait, sans doute plus défavorisé que le piano par le plein air, mais après tout, elle a été conçue « pour clavecin ou pianoforte avec violoncelle obligé ». Dans l’ultime Cinquième (1815), à l’aube de la dernière période du compositeur, où Paul‑Marie Kuzma et Ionah Maiatsky omettent également les reprises, l’équilibre n’en demeure pas moins le même, avec un violoncelle qui recherche volontiers l’intimité des atmosphères et la finesse des textures.
2027 fera de Benoît Menut un quinquagénaire mais ses Variations Fidelio, prévues initialement pour ce concert, n’ont pu être éditées dans des délais suffisants pour que les musiciens soient en mesure d’en donner la création, ce qu’ils feront, à en croire le site du compositeur, le 17 août prochain à Wissembourg. En lieu et place, c’est la Sonate (1846) de Chopin, magnifique lot de consolation, où dès l’Allegro moderato initial, le Bösendorfer prend de belles couleurs sous les doigts de Ionah Maiatsky tandis que l’archet de Paul‑Marie Kuzma se fait plus expansif. D’humeur parfois schumannienne – n’en déplaise à Chopin ! –, le Scherzo laisse place au sublime Largo, tout en simplicité, avant que l’Allegro final ne permette au duo de s’épancher avec moins de retenue.
Orchestrant la Deuxième des Etudes-Tableaux de l’Opus 39 de Rachmaninov, Respighi lui avait donné comme titre « La Mer et les Mouettes ». En premier bis, pas de mer, mais les mouettes, très en verve, et Rachmaninov, avec l’Andante de sa Sonate (1901) – la troisième de la soirée en sol mineur –, qui présage fort bien du second disque que les musiciens s’apprêtent à enregistrer. Vient ensuite, de façon tout à fait inattendue, un arrangement de « Glitter and Be Gay », l’air de Cunégonde au premier acte de Candide (1956) de Bernstein, mais le violoncelle n’est pas une colorature et il est quand même difficile de tenter de faire oublier June Anderson ou Natalie Dessay.
Le festival se conclut donc ainsi, mais la vingt‑neuvième saison de Jeunes Talents commencera dès l’après‑midi du 12 septembre, avec les concerts de la Fête de la musique que la canicule a contraint de reporter.
Simon Corley
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