About us / Contact

The Classical Music Network

Vienna

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

De la mesure à l’excès

Vienna
Konzerthaus
06/20/2026 -  et 21* juin 2026
Johannes Brahms : Concerto pour piano n° 1, opus 15
Franz Schubert : Symphonie n° 9, D. 944

Yulianna Avdeeva (piano)
Wiener Symphoniker, Petr Popelka (direction)


Y. Avdeeva (© Wiener Konzerthaus/Andrea Humer)


L’ombre de Robert Schumann plane sur ce programme, son destin étant intimement mêlé à la mise au jour de la symphonie ainsi qu’à la genèse du concerto. Dans ce dernier, Yulianna Avdeeva propose un piano mesuré, intériorisé, tenant une ligne claire sans jamais minauder ; elle y déploie une vision au long cours qui transmet un véritable souffle épique. Le mouvement lent, irisé d’un riche éventail de nuances, s’aventure vers des pianissimi raffinés et dosés avec précision, qui créent une atmosphère de recueillement suspendu, avant de propulser un mouvement conclusif aérien, d’une beauté impérieuse et apollinienne, qui conserve derrière son élan une réserve mélancolique. Voici une lecture sans pathos, qui agit moins par séduction immédiate que par imprégnation progressive.


L’Orchestre symphonique de Vienne est lui aussi dans une forme convaincante, et déploie une belle assise de basses qui contraste avec des vents clairs et incisifs ; Petr Popelka dialogue naturellement avec la soliste, l’accompagnant avec attention dans une veine résolument symphonique, et apporte un relief folklorique au final grâce à des accentuations saillantes et des timbres gouleyants.


La réussite est en revanche plus contrastée dans la Neuvième Symphonie de Schubert ; après un volet initial qui foisonne de détails, mais verse déjà dans des excès expressifs, la tendance à forcer le tempo s’aggrave dans un Andante con moto bien trop actif, qui culmine dans l’agitation plutôt que dans le tragique, et dont les phrasés, rythmes pointés et appoggiatures frôlent souvent la brusquerie. Les deux derniers mouvements convainquent à nouveau davantage : le Scherzo retrouve un véritable Schwung viennois, et le dernier mouvement emporte l’adhésion par son énergie endiablée, malgré une propension au tonitruant, portée par des cuivres rutilants et des bois au timbre un peu vert. Cette lecture efficace aura eu le mérite, à défaut de charmer, de mettre en lumière les facettes les plus terriennes du compositeur.



Dimitri Finker

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com