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Accademia rossiniana

Paris
Amphithéâtre Olivier Messiaen
05/06/2026 -  
Gioachino Rossini : La gazza ladra : Ouverture [1] – Soirées musicales : 1. « La promessa » [2] & 7. « La gita in gondola » [3] – Péchés de vieillesse : Volume I. Album italiano : 6. « Le Gittane » [4] & 12. « La Passeggiata » [5] – Otello : « Assisa a piè d’un salice » [6] – Le Comte Ory : « A la faveur de cette nuit obscure » [7] – L’italiana in Algeri : « Già d’insolito ardore » [8] – Semiramide : « Bel raggio lusinghier » [9] – La Cenerentola : « Zitto zitto, piano piano » [10]
Neima Fischer [5, 7], Ana Oniani [9], Sima Ouahman [3, 4, 10] (sopranos), Sofia Anisimova [7, 10], Amandine Portelli [4, 5, 6] (mezzos), Matthew Goodheart [2, 10], Bergsvein Toverud [5, 7] (ténors), Luis‑Felipe Sousa [5, 8, 10] (baryton-basse), Louis Dechambre [2, 4, 6], Anastasia Martin [1, 3, 5, 10], Moeka Ueno [1, 7, 8, 9] (piano)


A. Oniani
(© Vincent Lappartient/Studio J’adore ce que vous faites/Opéra national de Paris)



Chanter Rossini, c’est s’attaquer à forte partie. Mais qui sort vainqueur des phrases longues des passages cantabile, des fusées du canto fiorito, de la mitraille du sillabando, est solidement formé. Il fallait donc s’inviter au premier Salon Rossini de l’Académie de l’Opéra, préparé par Jeff Cohen, incomparable maître en la matière. Les jeunes pousses restent parfois un peu vertes, mais elles promettent et nul doute que viendra l’accomplissement – comparaison avec d’illustres devanciers ne serait pas ici raison. Certains, d’ailleurs, entrés en septembre 2023, se sont déjà produits, notamment dans L’isola disabitata à l’Amphithéâtre Olivier Messiaen ou L’Enfant et les sortilèges à Garnier.


Tout commence avec une Ouverture pétillante de La Pie voleuse, par Anastasia Martin et Moeka Ueno : entendre à quatre mains un morceau aussi célèbre et aussi coloré frustre toujours, mais elles ont écouté l’orchestre, s’accordent bien et tirent le maximum du piano. N’oublions pas que nous nous trouvons dans un « salon » et que la soirée reproduit une pratique courante à l’époque. Le soprano léger et frais de Sima Ouahman offre une jolie Gita in gondola, barcarolle tirée des Soirées musicales, un rien timide néanmoins, plus assurée lorsque la mezzo Amandine Portelli, le ténor norvégien Bergsvein Toverud et le baryton-basse brésilien Luis-Felipe Sousa lui tiennent compagnie pour une Passeggiata extraite de l’Album italien des Péchés de vieillesse, tous soutenus par le piano pimpant d’Anastasia Martin.


Sous les doigts suggestifs de Louis Dechambre se tapit la harpe de la romance du saule d’Otello, où Amandine Portelli donne en Desdémone sa mesure, voix charnue, ligne nuancée au legato fuselé. La coquinerie de la scène échangiste du Comte Ory, entre le séducteur travesti en religieuse, la Comtesse Adèle et le page Isolier, n’échappe ni à un Bergsvein Toverud bien délié ni à la séduisante soprano franco-allemande Neima Fischer ni à l’Ukrainienne Sofia Anisimova, plus discrète, qu’accompagne finement Moeka Ueno. Sima Ouahman, maintenant plus affirmée, Amandine Portelli et Louis Dechambre restituent la pétulance des Gittane, issues de l’Album italien.


Le ténor américain Matthew Goodheart interprète une « Promessa », canzonetta inaugurale des Soirées musicales, élégante mais un peu contrainte, Luis‑Felipe Sousa, s’il impose une présence en Mustafà de L’Italienne à Alger, devra affiner les vocalises de « Gia d’insolito ardore ». Tous deux se révèlent à la fin, quand ils s’attaquent au « Zitto, zitto » de La Cenerentola, dont ils assument brillamment le sillabando en prince et valet déguisés, rejoints par Sima Ouahman et Sofia Anisimova incarnant les pestes de sœurs d’Angelina. Quoi qu’il en soit, c’est le soprano long, bien timbré et homogène de la géorgienne Ana Oniani qui rafle la mise alors qu’elle risque le redoutable « Bel raggio lusinghier » de Sémiramis, qu’elle domine crânement, avec un souffle impeccablement maîtrisé et une agilité coruscante dans la colorature. On ne manquera pas, le 28 mai, le Salon Rossini II.



Didier van Moere

 

 

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