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Un concerto à découvrir

Vienna
Konzerthaus
04/11/2026 -  et 12* avril 2026
Frank Martin : Concerto pour violon
Piotr Ilitch Tchaïkovski : Symphonie n° 5, opus 64

Frank Peter Zimmermann (violon)
Wiener Symphoniker, Robert Trevino (direction)


F. P. Zimmermann (© Irene Zandel)


Les derniers mois au Konzerthaus ont apporté leur lot d’œuvres négligées, autorisant de belles redécouvertes de Clara Schumann et Emilie Mayer ou de Richard Strauss. Néanmoins, une fois passée la curiosité initiale et la satisfaction immédiate de la performance, peu d’entre elles résistent à l’épreuve des écoutes répétées. Ce n’est assurément pas le cas du Concerto pour violon de Frank Martin qui, non seulement séduit dès l’introduction, d’un onirisme raffiné à la française et d’une précision implacable évoquant Stravinsky ou Bartók, un mouvement lent baigné de subtils éclairages, et un finale d’une rythmicité athlétique – mais son éclat semble de plus se confirmer à chaque nouvelle évocation et réécoute. Autant de signes associés à la notion de chef-d’œuvre.


Frank Peter Zimmermann semble en être convaincu – et désireux de nous en convaincre – prenant son archet de pèlerin pour une tournée de quinze concerts, qui l’emmène dans neuf villes, avec huit orchestres et sept chefs différents. L’affinité du violoniste avec ce répertoire est évidente : sa palette sonore lui permet de modeler les couleurs avec précision, sa rigueur rythmique garantit la transparence du discours. L’équilibre avec l’orchestre est soigneusement travaillé, révélant les raffinements de l’orchestration. Si l’engagement artistique est total, le respect scrupuleux du texte conduit toutefois à une lecture un peu sobre, presque neutre, là où une plus grande extraversion expressive aurait pu, peut-être, encore mieux servir la partition.
A la tête de l’Orchestre symphonique de Vienne, Robert Trevino, qui, depuis notre rencontre en 2016, a ajouté un tilde à son « n », revendicateur de ses origines mexicaines, met son excellente technique de baguette au service d’une grande liberté expressive dans la Cinquième Symphonie de Tchaïkovski : les ruptures de tempo marquées du premier mouvement sont palpitantes, mais aussi quelque peu séquentielles, provoquant des montées et de retombées d’adrénaline en montagnes russes. L’approche hédoniste et tonique revêt un optimisme assumé qui tend à gommer les zones d’ombre qui traversent la partition. La valse frôle ainsi le scherzo, l’Andante y prend des allures hollywoodiennes, tandis que le Finale se pare d’une théâtralité très cinématographique. Une lecture assez éloignée des canons de l’école russe, mais d’une vivacité assurément enthousiasmante.



Dimitri Finker

 

 

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