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Ombres et lumières

Oviedo
Auditorio Príncipe Felipe
03/06/2026 -  et 5 mars 2026 (Gijón)
Johannes Brahms : Tragische Ouvertüre, opus 81
Benjamin Britten : Les Illuminations, opus 18
Robert Schumann : Symphonie n° 4 en ré mineur, opus 120 (version révisée de 1851)

Erika Baikoff (soprano)
Orquesta Sinfónica del Principado de Asturias, Nuno Coelho (direction)


(© Stéphane Guy)


Le programme du soir proposé à Oviedo, après l’avoir été à Gijón la veille, par l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies et son directeur musical, le Portugais Nuno Coelho, était des plus classiques : ouverture, pièces avec soliste et symphonie. L’Ouverture tragique (1881) de Johannes Brahms (1833‑1897) est ainsi tout d’abord présentée, avec fluidité et une énergie n’excluant pas une part de mystère.


Pour Les Illuminations (1940) de Benjamin Britten (1913‑1976) qui suivaient, on attendait beaucoup de la prestation annoncée du ténor britannique Ian Bostridge, un bon connaisseur de l’œuvre du compositeur et notamment de ces pages inspirées par les célèbres poèmes d’Arthur Rimbaud, mais, souffrant, il a dû décliner. Il a cependant pu être remplacé ce soir par la soprano américaine d’origine russe, Erika Baikoff (née en 1994). La cantatrice avait été repérée pour son rôle de Gretel dans l’opéra Hänsel et Gretel d’Engelbert Humperdinck, en septembre 2025, à Oviedo justement et elle était heureusement disponible. Le timbre est de qualité, la projection puissante et les aigus magnifiques mais on ne comprend pas un traître mot, Rimbaud et la langue française étant manifestement passés à la trappe. Ennuyeux pour des poèmes et des oreilles françaises... Rien n’est articulé ; c’est de la bouillie. Il manquait singulièrement à la cantatrice la « clef de cette parade sauvage » pour reprendre les mots du poète repris au dernier interlude. On n’en dira toutefois pas davantage car il faut savoir gré à Erika Baikoff d’avoir sauvé la programmation de ces superbes pages de Britten même si du côté des cordes, la cohérence n’a pas toujours été là, à la hauteur de l’extraordinaire variété de l’écriture de Britten.


Après le  mineur de l’Ouverture tragique (et la pause), le  mineur débouchant sur le  majeur rayonnant de la Quatrième Symphonie (1851) de Robert Schumann (1810‑1856), dans sa version la plus couramment donnée, celle de 1851. Après les couleurs sombres, la lumière, l’optimisme et surtout l’élan schumannien. Le premier mouvement manque sans doute d’ampleur mais les quatre cors et les cuivres d’une façon générale se distinguent par des couleurs chatoyantes mais aussi leur retenue. Le timbalier aussi se garde bien d’en faire trop. Le premier violon, Jordi Rodríguez, souligne l’insouciance de la délicate romance du deuxième mouvement. Le Scherzo est plein d’énergie, sans lourdeur, presque dansant. Enfin, le quatrième mouvement, enchaîné comme les précédents dans le respect de la partition, débouche sur une belle coda menée sans encombre par un Nuno Coelho sobre autant qu’efficace.


On pourra réentendre le 8 mars prochain l’Ouverture tragique et la Symphonie par les mêmes interprètes à Bilbao dans le cadre de son festival Musika-Musica, festival où défileront les principaux orchestres régionaux espagnols.



Stéphane Guy

 

 

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