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Musikverein
02/28/2026 -  et 18 (London), 20 (Köln), 21 (Düsseldorf), 22 (Luxembourg), 24 (Hamburg), 26 (Hannover), 27 (Frankfurt) février 2026
Jean Sibelius : Pohjolan tytär, opus 49
Piotr Ilitch Tchaïkovski : Concerto pour violon, opus 35
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 7, opus 92

Anne-Sophie Mutter (violon)
London Philharmonic Orchestra, Karina Canellakis (direction)


A.-S. Mutter (© Lukas Beck)


Les admirateurs d’Anne-Sophie Mutter – tout autant des adolescents influenceurs sur les réseaux sociaux que des mélomanes d’un âge leur permettant d’avoir suivi ses débuts il y a cinquante ans – n’auront pas été déçus. La lecture du Concerto pour violon de Tchaïkovski porte indubitablement le cachet de la violoniste allemande : chaque intervention devient un épisode épique, où les glissandi assumés, démanchés appuyés et ruptures de tempo spectaculaires ponctuent une lecture très violonistique qui ne saurait laisser personne indifférent. L’approche est contestable, mais reste néanmoins fascinante par sa cohérence musicale – depuis un Allegro moderato aux crescendi impérieux et une Canzonetta murmurée avec une sourdine très feutrée, jusqu’au finale où s’entrechoquent les contrastes les plus extrêmes. Mis à part quelques scories de la main gauche, le lyrisme intense et la pâte sonore d’Anne‑Sophie Mutter sont intacts, servis par un archet extraordinairement discipliné. L’orchestre suit ses rubati les plus imprévisibles, offrant un accompagnement en technicolor, dense et efficace, s’adaptant avec souplesse à la vision très personnelle de la star.


Côté symphonique, l’Orchestre philharmonique de Londres et Karina Canellakis semblent passer complètement à côté de l’esprit du poème symphonique de Sibelius : une réalisation appliquée et irréprochable transforme l’œuvre en un exercice de timbres abstraits, qui semble peindre une vaste introduction ne débouchant au fond sur rien. En revanche, la Septième Symphonie de Beethoven est remarquable : tonique, musculaire, elle avance avec une directionnalité affirmée, quitte à gommer certains détails dans son élan. L’Allegretto, au phrasé très dessiné – seule véritable concession à une esthétique historiquement informée – est conduit avec une cohérence sans faille et se révèle davantage dansant qu’hypnotique. Le Presto fouette la masse orchestrale avec une énergie ludique et rebondissante, s’intensifiant jusqu’à l’ultime accord. Si l’on peut a posteriori regretter une certaine absence de grandeur épique, cette version de concert véritablement réjouissante procure un plaisir immédiat et vivifiant, porté par un sens de l’allégresse communicatif.



Dimitri Finker

 

 

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