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Un spectacle aux senteurs de camélias

Liège
Opéra royal de Wallonie
01/29/2026 -  et 30, 31 janvier, 1er* février 2026
La Dame aux camélias
John Neumeier (chorégraphie, mise en scène, lumières), Frédéric Chopin (musique)
Hamburg Ballet
Michal Bialk (piano), Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie-Liège, Markus Lehtinen (direction musicale)
Jürgen Rose (décors, costumes)


(© Kiran West)


L’Opéra royal de Wallonie accueille pour quelques dates le Ballet de Hambourg. Au programme ? De la danse classique, avec La Dame aux camélias, une chorégraphie de John Neumeier, créée en 1978, par le Ballet de Stuttgart, il y aura donc presque un demi‑siècle, et représentée pour la première fois par l’institution liégeoise. Il s’agit bien évidemment d’une adaptation du roman d’Alexandre Dumas fils, la source d’inspiration de La Traviata, sur la musique pour piano de Chopin, tantôt avec, tantôt sans orchestre.


Le programme indique que John Neumeier ajoute quelques touches de modernité, mais l’aspect de cette chorégraphie toute de grâce, de subtilité et de raffinement demeure tout de même fort traditionnel, avec tout le langage propre à cette conception classique de cet art corporel. Et d’art, il en est bien question, tant les possibilités d’expression de la danse, et, de ce fait, du corps humain, considéré dans son entièreté, demeure surprenante, en l’absence de texte, chanté ou parlé. L’histoire se comprend donc aisément dans ce spectacle en trois parties, séparées par deux entractes, ce qui équivaut à une durée de trois heures, les tempi n’ayant fait l’objet d’aucune précipitation. Elle intègre les personnages de Manon Lescaut et de Des Grieux, afin d’établir un parallèle avec le triste destin de Marguerite Gautier, qui meurt aussi à la fin, et d’Armand dont le père ne voit pas la relation de son fils d’un bon œil.


Le spectacle, qui se situe dans un décor joli et élégant, à l’image des costumes, véritablement ravissants, surtout pour les dames, débute par la vente aux enchères des biens de Marguerite, avant de revenir en arrière. Chopin n’a évidemment pas composé de ballet, le support musical de ce spectacle relevant de l’assemblage, il faut le reconnaître, assez habile. Le choix de la musique de ce compositeur peut s’expliquer, car il a laissé maintes valses et mazurkas, en plus d’avoir été joué à l’époque dans les salons, un univers que cette chorégraphie aux fort belles lumières parvient à recréer. Toujours est‑il que le concepteur de ce spectacle réussit à élaborer un ballet assez substantiel à partir de pièces non destinées à cette fin. On peut toutefois regretter que le programme n’ait pas précisé exactement les morceaux de Chopin qui ont été exécutés.


La prestation des danseurs suscite l’admiration, tant l’effort exigé met les corps à rude épreuve, ce qui explique que les rôles principaux soient tenus par une double distribution et que deux pauses soient nécessaires. L’exécution musicale en revanche parait tout juste correcte, en tout cas suffisante, la dimension visuelle constituant probablement la priorité première de cette production.


Seulement voilà : il y a une semaine, nous avons assisté à une exécution du Sacre du printemps par Pina Bausch. Créée quelques années avant cette Dame aux camélias, cette chorégraphie originale et exceptionnelle possède une puissance expressive et visuelle incomparable, autrement plus importante et mémorable que celle‑ci. Et là réside selon nous toute la différence entre la danse classique et la danse contemporaine : l’une semble vouloir rester figée dans le passé, l’autre cherche à regarde vers l’avenir, et dans quelques années, il ne sera pas difficile de deviner laquelle de ces deux productions paraîtra toujours aussi moderne. Retour à l’Opéra royal de Wallonie pour La Dame de pique, du 27 février au 7 mars.



Sébastien Foucart

 

 

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