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Un adieu incandescent

Zurich
Opernhaus
01/18/2026 -  et 21, 23, 27, 31 janvier 2026
Georges Bizet : Carmen
Elīna Garanca (Carmen), Olga Peretyatko (Micaëla), Siena Licht Miller (Mercédès), Yewon Han (Frasquita), Stanislas de Barbeyrac (Don José), Ildebrando D’Arcangelo (Escamillo), Johan Krogius (Le Remendado), Gregory Feldmann (Le Dancaïre), Guram Margvelashvili (Moralès), Stanislav Vorobyov (Zuniga)
Chor der Oper Zürich, Kinderchor und SoprAlti der Oper Zürich, Klaas‑Jan de Groot (préparation), Orchester der Oper Zürich, Domingo Hindoyan (direction musicale)
Andreas Homoki (mise en scène), Stephanie Lenzen (reprise de la mise en scène), Arturo Gama (collaboration à la mise en scène, chorégraphie), Paul Zoller (décors), Gideon Davey (costumes), Franck Evin (lumières), Kathrin Brunner (dramaturgie)


S. de Barbeyrac, E. Garanca (© Toni Suter)


La reprise de Carmen à l’Opernhaus de Zurich suscite énormément d’intérêt car elle est annoncée comme la dernière série de représentations d’Elīna Garanca dans le rôle emblématique de la bohémienne. La mezzo‑soprano lettone a livré une prestation magistrale, avec un timbre qui a conservé toute sa richesse, oscillant entre des graves sombres et des aigus argentés. Visiblement très à son aise, la chanteuse s’est départie pour une fois de sa légendaire froideur pour offrir une interprétation d’une grande intensité dramatique, incarnant une Carmen fière et sachant exactement ce qu’elle veut, une Carmen chérissant sa liberté plus que tout, séductrice dans l’âme mais sans une once de vulgarité.


Dans le rôle de Don José, Stanislas de Barbeyrac a apporté une authenticité stylistique au personnage. Sa prestation a impressionné par son évolution dramatique, passant de la réserve du soldat à la violence désespérée du dernier acte, soutenue par un phrasé impeccable, avec aussi des pianissimi bouleversants. Tout au plus pourrait‑on reprocher au ténor français des aigus un peu forcés. Olga Peretyatko a campé une Micaëla à la voix lumineuse et agile, particulièrement dans son grand air du troisième acte (« Je dis que rien ne m’épouvante »), quand bien même son incarnation a parfois manqué d’émotion et d’intensité dramatique. Ildebrando D’Arcangelo dispose assurément de la stature et du charisme nécessaires au torero, avec un engagement dans son rôle impressionnant ainsi qu’un timbre chaud et puissant qui ont bien traduit le personnage, sans jamais tomber dans la caricature.


Le chef vénézuélien Domingo Hindoyan a proposé une lecture extrêmement équilibrée entre tous les pupitres de l’Orchestre de l’Opernhaus et ne couvrant jamais les voix, une lecture dynamique qui a parfaitement soutenu le drame, mais avec parfois quelques décalages entre scène et fosse en raison de brusques accélérations. La production, signée Andreas Homoki, a été étrennée à Paris en avril 2023. Conçue comme un hommage à l’Opéra-Comique, elle se caractérise par une grande sobriété et évite les clichés folkloriques espagnols pour explorer un voyage temporel de l’époque de la création de Carmen à nos jours. Elle a été présentée pour la première fois à Zurich en avril 2024, et le constat fait à ce moment‑là reste le même : on s’étonne du choix d’une version avec de nombreux dialogues parlés quand un seul des chanteurs principaux – sans même parler des rôles secondaires – maîtrise le français. Les oreilles francophones n’ont pas été à la fête.



Claudio Poloni

 

 

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