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Solide programme germanique

Chambéry
Saint-Jean-d’Arvey (Eglise Saint-Jean-Baptiste)
08/11/2025 -  et 13 août 2025 (Pléguien)
Joseph Haydn : Quatuor en ré majeur, opus  76 n° 5, Hob. III.79
Ludwig van Beethoven : Sonate pour piano n° 23 « Apassionata », opus 57
Robert Schumann : Quintette avec piano, opus 44

Quatuor Elmire : David Petrlik, Yoan Brakha (violon), Hortense Fourrier (alto), Rémi Carlon (violoncelle) – Abdel Rahman El Bacha (piano)




Culminant à 2 217 mètres à la pointe d’Arcalod, le massif des Bauges s’étend sur les deux Savoie et se caractérise par la richesse de son patrimoine naturel – un parc régional y a été créé en 1995. Rien de plus normal, dès lors, que le festival dont c’est cette année la vingt‑septième édition ait choisi de s’appeler Musique et Nature en Bauges. Du 17 juillet au 22 août, chacun des treize concerts propose une affiche de très grande qualité : la soprano Marina Rebeka, la violoniste Viktoria Mullova, le pianiste Jonas Vitaud, le claveciniste Justin Taylor, les quatuors Anches hantées, Debussy et Van Kuijk, l’Orchestre Consuelo ainsi que les ensembles Les Accents, Le Poème harmonique, Gli Incogniti et A nocte temporis.


Le concert donné à Saint-Jean-d’Arvey, qui surplombe Chambéry à une altitude de 560 mètres et que le président-fondateur du festival, Anthime Leroy, présente comme la « porte d’entrée » des Bauges, n’est pas en reste. Jouissant d’une bonne acoustique, l’église Saint‑Jean‑Baptiste (XIXe) réunit pour un solide programme germanique la jeune génération quartettiste française et un pianiste dont la carrière a été lancée voici près d’un demi‑siècle par une victoire au concours Reine Elisabeth.



D. Petrlik, A. R. El Bacha, Y. Brakha, H. Fourrier, R. Carlon
(© Maryse Leroy/Festival Musique et nature en Bauges)



Formé en 2017, le Quatuor Elmire fait preuve de brio et de bravoure, notamment au vu de la chaleur qui règne dans l’église, dans le Quatuor opus 76 n° 5 (1797) de Haydn. Il donne vie aux premier et dernier mouvements sans craindre les traits redoutables, et met bien en valeur les surprises rythmiques du Menuetto ainsi que le robuste Trio. En revanche, dans le Largo. Cantabile e mesto, la plénitude de la sonorité ne suffit pas à compenser quelques chutes de tension. Après que le second violon, Yoan Brakha, a expliqué que parmi les échauffements qu’il pratique avec ses partenaires figurent les chorals de Bach, ils jouent l’un des plus célèbres, Eine feste Burg ist unser Gott.


On se souvient encore avec émotion des cinq sonates de Beethoven qu’Abdel Rahman El Bacha (né en 1958) avait données en 2009 à Sceaux. La Vingt‑troisième Sonate « Appassionata » (1806) reste sur les mêmes hauteurs, le pianiste installant d’emblée un climat d’urgence et de tension par sa manière de bien marquer les rythmes pointés et la petite cellule de quatre notes. Rien de débridé pour autant, mais un sujet parfaitement maîtrisé, un Steinway jamais percussif qui sonne admirablement. On pourra ensuite relever un Andante à variations effectivement con moto, comme le prescrit le compositeur, de même que l’Allegro final est lui aussi conforme à l’indication ma non troppo : plutôt que des cascades bousculées de notes, on bénéficie ainsi d’une articulation précise et d’une marge de progression vers le Presto de la coda.


Pas de pause, mais les musiciens du Quatuor Elmire attendent une bonne minute que le pianiste se joigne à eux pour le Quintette avec piano (1842) de Schumann. La cohésion et l’équilibre de l’ensemble frappent dès l’Allegro brillante, où l’énergie n’empêche pas de prendre le temps d’ouvrir des parenthèses durant lesquelles le lyrisme peut s’épancher à loisir. Le deuxième mouvement déploie sa plainte sans pathos excessif, ce qui n’empêche pas la section Agitato d’apparaître très vive. Les différents épisodes du Scherzo se succèdent dans un élan irrésistible, avec un Trio II d’une folle virtuosité : une réussite telle que le public applaudit et que les lumières se rallument. Il reste pourtant encore le vaste Allegro ma non troppo final, dont les différentes parties contrastent opportunément pour construire la montée progressive vers l’apothéose marquée par le retour du thème du premier mouvement.


Le pianiste annonce un bis de sa composition, Moment musical (2017), évident hommage à Schubert : il n’a certes pas écrit de quintette avec piano, mais ces deux minutes de musique sensible et ressemblant à quasi‑pastiche pourraient presque y faire croire.


Le site du festival Musique et nature en Bauges
Le site du Quatuor Elmire



Simon Corley

 

 

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