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Reconstitution de quatuor dissous

Nièvre
Millay (Eglise Saint-Maurice)
08/09/2025 -  
Wolfgang Amadeus Mozart : Trio avec piano n° 4, K. 502
Gabriel Fauré : Trio avec piano, opus 120
Ludwig van Beethoven : Trio avec piano n° 7 « A l’archiduc », opus 97

Jérôme Granjon (piano), Luc-Marie Aguera (violon), Yovan Markovitch (violoncelle)




Né en 2002 sous le nom de « Festival musical des églises romanes en Sud Morvan », le festival « Le vent sur l’arbre » a réussi à s’enraciner sur ces terres excentrées de la Nièvre, aux confins de la Saône‑et‑Loire. Présidée par Valérie de Saint‑Maur, la manifestation a pour directrice artistique la violoniste Anna Göckel, qui a succédé en 2024 au compositeur et guitariste Christian Rivet.


Ces « Musiques en Bourgogne » n’ont rien perdu ni de leur ambition, ni de leur densité, ni de leur diversité, à en juger par l’édition 2025, intitulée « Musique et méditation ». En effet, du 9 au 13 août, les propositions sont multiples : huit concerts, bien sûr, allant du baroque au contemporain et incluant même la musique indienne, mais aussi une « promenade musicale » à Bibracte, une « expérience musique et méditation  » autour de Bach et Berio, la projection d’un documentaire et d’un film, une conférence, un entretien avec le compositeur en résidence, Kevin Juillerat, un « concert famille », une jam session et deux « folies musicales » avec, respectivement, des étudiants du conservatoire de Besançon et de l’école supérieure de musique Bourgogne-France-Comté.



J. Granjon, L.-M. Aguera, Y. Markovitch


Par-delà les éditions, le festival conserve deux points d’ancrage essentiels : la musique de chambre et l’église Saint-Maurice (XIe‑XIIe) de Millay, à l’excellente acoustique. Ces deux atouts sont réunis en cette chaude après‑midi, avec deux anciens du Quatuor Ysaÿe, qui, après trente ans de domination de la scène française et internationale, a cessé son activité voici onze ans déjà. Aux côtés du premier violon Guillaume Sutre (à partir de 1995) et de l’altiste Miguel da Silva, on se souvient en effet du violoniste Luc‑Marie Aguera (à partir de 1986) et du violoncelliste Yovan Markovitch (à partir de 2005), qui se sont associés à un partenaire pour le moins familier du répertoire du trio avec piano, Jérôme Granjon.


D’emblée, l’osmose est évidente dans le Trio en si bémol (1786) : abordé avec franchise et simplicité, sans chichis ni effets faciles, il se déroule avec la force de l’évidence. Sans refuser l’obstacle comme certains musiciens qui semblent tétanisés par Mozart, les trois partenaires prennent leur temps dans l’Allegro, donnent un Larghetto paisible et apaisant, avant un Allegretto final qui illustre à merveille les vertus d’échange et de dialogue que Luc‑Marie Aguera soulignera en s’adressant ensuite au nombreux public, non seulement attentif mais aussi enthousiaste au point d’applaudir parfois entre les mouvements. Avec le Trio (1923) de Fauré, le propos est presque complètement antinomique : chacun doit fusionner dans un tout et un continuum sonore. Cela n’empêche pas la même assurance sereine de prédominer, jusqu’à la libération des forces dans l’Allegro vivo final, lancé par un court motif comme une injonction beethovénienne.


Voici Beethoven, justement, en seconde partie, avec un magnifique Trio « A l’archiduc » (1811), nonobstant un violon ayant perdu un peu de précision dans l’intonation alors que le violoncelle demeure impeccable. L’Allegro moderato est porté une force tranquille, comme on peut le dire à une trentaine de kilomètres de Château‑Chinon, avec une manière d’avancer qui a déjà quelque chose de schubertien. Le Scherzo diffuse une énergie et un bonheur communicatifs, parfaitement humoristique et dansant comme dans un ländler, puis l’Andante cantabile, ma però con moto à variations retourne sur un petit nuage schubertien, d’où l’on descendra pour un Allegro moderato final d’allure populaire, plein de vigueur et de robustesse.


Pour introduire le bis à la suite de ce copieux programme, Luc‑Marie Aguera explique que Beethoven, ayant pour ambition de parler à l’humanité, parlait ainsi à chacun. Schubert lui semblait donc s’imposer, car selon lui, il avait pour ambition de parler à chacun et, de fait, parlait ainsi à l’humanité entière : tout est dans tout... et on goûte ainsi un idyllique Andante un poco mosso du Premier Trio (1827) – en si bémol comme ceux de Mozart et de Beethoven.


Le site du festival Le vent sur l’arbre



Simon Corley

 

 

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