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Petits arrangements entre amis

Cluny
Eglise Saint-Marcel
08/08/2025 -  
Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte, K. 620 : Ouverture (arrangement Joachim Linckelmann)
Maurice Ravel : Le Tombeau de Couperin : 1. Prélude, 2. Fugue, 5. Menuet et 4. Rigaudon – Pavane pour une infante défunte (arrangements Mason Jones)
Astor Piazzolla : Las Cuatro Estaciones Portenas : « Primavera Portena » (arrangement Ulf‑Guido Schäfer)
Dimitri Chostakovitch : Quatuor n° 8, opus 110

Ensemble Ouranos : Mathilde Caldérini (flûte, piccolo), Philibert Perrine (hautbois, cor anglais), Amaury Viduvier (clarinette), Rafael Angster (basson), Nicolas Ramez (cor)




La filière viticole qui fait la renommée de la Bourgogne vaut également en matière de musique « classique » : depuis quarante ans, le Festival musical des grands crus fédère cinq manifestations qui s’étalent du 3 mai au 31 août, de l’Yonne – Chablis (Festival du Chablisien) et Noyers‑sur‑Serein (Rencontres musicales) – à la Côte‑d’Or – Meursault (De Bach à Bacchus) et Gevrey (Musique au Chambertin) – en passant par la Saône‑et‑Loire, avec les Grandes Heures de Cluny.


Dans la cité abritant la célèbre abbaye, la cinquante‑huitième édition propose du 19 juillet au 10 août huit concerts alliant diversité et qualité, avec notamment la flûtiste Juliette Hurel et la guitariste Gaëlle Solal, la soprano Catherine Trottmann et le pianiste Nathanaël Gouin, le Quatuor Ludwig et l’ensemble Café Zimmermann. Plusieurs « Petites Minutes » permettent en outre d’aller à la rencontre des spectateurs mais aussi d’élargir l’audience : accès libre à des répétitions, parfois avec des conférences ou des rencontres avec les artistes, animations scolaires et classes de maître. Cinq des concerts prennent place en l’église Saint‑Marcel (XIIe/XVIe), dotée d’un joli clocher formé d’une tour octogonale surmontée d’une flèche en briques et, pour ce qui intéresse plus particulièrement l’auditeur, d’une acoustique tout à fait satisfaisante.



M. Caldérini, A. Viduvier, R. Angster, N. Ramez, P. Perrine
(© Roger Cripps)


C’est dans ce cadre et devant un nombreux public que se produit l’Ensemble Ouranos, constitué depuis 2014 par cinq représentants éminents des souffleurs de l’école française, occupant par ailleurs des fonctions solistes au Philharmonique de Radio France, à l’Opéra national de Paris, au Philharmonique de Strasbourg ou à la Garde républicaine. Sous le titre assez passe‑partout « Musique pour l’Eternité », qui a au moins le mérite de s’accorder au lieu, le programme consiste exclusivement en des arrangements, chacun ayant été réalisé par un artiste jouant d’un instrument différent. Les œuvres sont introduites au fur et à mesure avec clarté, humour et enthousiasme par le bassoniste Rafael Angster, auquel on pourra toutefois reprocher de ne pas mentionner le nom des arrangeurs.


C’est ainsi le flûtiste Joachim Linckelmann (né en 1964) qui a adapté l’Ouverture de La Flûte enchantée (1791) de Mozart, où le quintette joue sur les contrastes, avec un Allegro pris dans un tempo très vif, qui montre d’emblée l’agilité de ses membres. Suit l’arrangement de deux œuvres de Ravel par le corniste Mason Jones (1919‑2009). Dans sa version orchestrale, le compositeur n’avait retenu que quatre des six pièces de son Tombeau de Couperin (1917), excluant la Fugue et la Toccata ; l’arrangement pour quintette à vent s’en tient également à quatre pièces, excluant lui aussi la Toccata, décidément trop pianistique, mais aussi la délicate Forlane. Qu’importe, on se contentera donc d’un Prélude, course poursuite plein de risques qui arrive néanmoins à bon port, d’une Fugue tout sauf aride, mais subtile et onctueuse, d’un Menuet à la fois allant et poétique et d’un Rigaudon en tour de force, tant il est mené à un train d’enfer. Lancée par un beau solo du corniste Nicolas Ramez, la Pavane pour une infante défunte (1899) confirme que les musiciens ne s’embarrassent pas d’alanguissements inutiles.


L’arrangement du « Printemps » (1965) extrait des Quatre Saisons de Buenos Aires de Piazzolla est dû, quant à lui, à un clarinettiste, Ulf‑Guido Schäfer (né en 1969) – de fait, Amaury Viduvier a de quoi se régaler en glissandi spectaculaires : pas d’archets qui raclent, mais des claquements de doigts, une verve inépuisable et une mise en place époustouflante. De mise en place, il est également question dans l’arrangement par le hautboïste David Walter (né en 1958) du Huitième Quatuor (1960) de Chostakovitch, mais aussi d’extension du domaine de la couleur instrumentale, Mathilde Caldérini abandonnant un temps la flûte pour le piccolo tandis que quand Philibert Perrine repose son hautbois, c’est pour prendre le cor anglais, dont le rôle, avec son timbre si caractéristique, s’avère ici essentiel. Peut‑être encore plus effrayant et grinçant que la version originale pour cordes, l’arrangement, d’une très grande exigence technique, est bluffant, et son interprétation ne l’est pas moins.


Il faut attendre le bis pour entendre une œuvre originale – et pas des moindres, la première des six Bagatelles (1953) de Ligeti.


Le site des Grandes Heures de Cluny
Le site du Festival musical des grands crus
Le site de l’Ensemble Ouranos
Le site de Mathilde Caldérini
Le site d’Amaury Viduvier
Le site d’Ulf-Guido Schäfer
Le site de David Walter



Simon Corley

 

 

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