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Probité, humilité et dévouement

Clermont-Ferrand
Mozac (Abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Caprais)
08/07/2025 -  et 2 août (Etival-Clairefontaine), 15 (Château-Thierry), 16 (Marcq‑en‑Barœul) octobre 2025
Johann Sebastian Bach : Cantates « Was Gott tut, das ist wohlgetan », BWV 98, « Was Gott tut, das ist wohlgetan », BWV 99, et « Warum betrübst du dich, mein Herz », BWV 138 – Cantate « Süsser Trost, mein Jesus kömmt », BWV 151 : 1. « Süsser Trost, mein Jesus kömmt »
Alia Mens : Marie Luise Werneburg (soprano), Nicolas Kuntzelmann (alto), Thomas Hobbs (ténor), Romain Bockler (baryton), Olivier Spilmont (direction)


(© Antoine Thiallier)


Retour aux fondamentaux au festival Bach en Combrailles, avec, sous le titre « Deus calculat » emprunté à Leibniz, trois cantates du compositeur auquel ce festival voue un culte depuis 1999. Et c’est, comme souvent, l’occasion de découvrir le riche patrimoine roman de la région, en l’occurrence de l’abbaye de Mozac, à côté de Riom, justement renommée pour sa crypte, ses chapiteaux et pour ses reliques, celles de son fondateur, saint Calmin, et de saint Austremoine, premier évêque de Clermont‑Ferrand et évangélisateur de l’Auvergne.


Invité pour la première fois au festival, l’ensemble Alia Mens, fondé en 2012 par Olivier Spilmont (né en 1979), revendique par son nom même un « autre esprit ». A en juger par ce concert, il ne faut pas y voir une prétention démesurée ou une démarche iconoclaste, mais plutôt le souci de la vérité de la partition, sans la solliciter outre mesure. Quitte à rechercher cet « autre esprit », on le trouvera donc peut‑être davantage dans l’insertion de textes de Christian Bobin (1951‑2022) lus par l’administratrice de la formation nordiste, Emilie Duvieubourg, mais dont on regrette de ne pas avoir toujours pu saisir la relation avec le livret des cantates.


Ce qui aura d’abord frappé dans l’acoustique assez généreuse de l’abbaye, c’est la qualité du quatuor soliste, formant également le chœur, d’une parfaite homogénéité, aux couleurs bien appariées, justes dans l’intonation comme dans la mise en valeur des mots. Les airs permettent en outre d’apprécier des individualités de grande valeur, même si la répartition favorise nettement la soprano sur l’alto. Marie Luise Werneburg a ainsi plusieurs occasions de faire valoir son aigu très sûr et son timbre lumineux, presque tranchant, notamment dans l’air initial « Süsser Trost, mein Jesus kömmt » de la Cantate BWV 151 (1725) donné en supplément entre deux des cantates. L’alto Nicolas Kuntzelmann n’a que le duo « Wenn des Kreuzes Bitterkeiten » de la Cantate BWV 99 (1724) à partager avec la soprano, mais s’impose par ailleurs dans des récitatifs remarquablement expressifs. Le ténor Thomas Hobbs confère un caractère dramatique très approprié à l’air « Erschüttre dich nur nicht » de la Cantate BWV 99, avec un impeccable solo de traverso d’Annie Laflamme, tandis que le baryton Romain Bockler surmonte les redoutables vocalises de l’air « Auf Gott steht meine Zuversicht » de la Cantate BWV 138 (1723).


Le volet instrumental n’est guère en reste, que ce soit le hautbois fiable et musical de Jean‑Marc Philippe dans l’air (de soprano) « Hört, ihr Augen, auf zu weinen » de la Cantate BWV 98 (1726) ou l’agilité des violons, emmenés par Kati Debretzeni, dans le choral conclusif de la Cantate BWV 138, qui est repris en bis. Et même si la direction paraît quelque peu atone dans l’air de la Cantate BWV 151 et, à un moindre degré, dans le duo de la Cantate BWV 99, Olivier Spilmont mène le tout avec beaucoup de probité, d’humilité et de dévouement – mais cette musique en demande‑t‑elle beaucoup plus ?


Le site d’Alia Mens
Le site de Marie Luise Werneburg
Le site de Romain Bockler



Simon Corley

 

 

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