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Thuringe auvergnate Clermont-Ferrand Herment (Eglise Notre-Dame) 08/05/2025 - et 13 (Gradignan), 14 (Toulouse) novembre, 6 décembre (Montréal) 2024, 6 avril (Castres), 6 août (Aubazine), 5 octobre (Ribeauvillé) 2025 Johann Sebastian Bach : Kyrie « Christe, du Lamm Gottes », BWV 233a – Mitten wir im Leben sind, BWV 383 – Sonate pour viole de gambe et clavecin en sol majeur, BWV 1027 : 1. Adagio, 2. Allegro ma non tanto & 3. Andante – Cantate « Christ lag in Todesbanden », BWV 4 : « Den Tod niemand zwingen kunnt » – Cantate « Aus tiefer Not schrei ich zu dir », BWV 38 : 1. « Aus tiefer Not schrei ich zu dir », 4. « Ach! Dass mein Glaube noch so schwach », 5. « Wenn meine Trübsal als mit Ketten » & 6. « Ob bei uns ist der Sünden viel » – Das wohltemperierte Klavier (Teil I) : 6. Fugue en ré mineur, BWV 851 – Lobet den Herrn, BWV 230
Felix Mendelssohn : Drei Kirchemusiken, opus 23 : I. « Aus tiefer Not schrei ich zu dir » (3. « Bei dir gilt nichts denn Gnad » & 4. « Und ob es wahrt bis in die Nacht ») & III. « Mitten wir im Leben sind » – Adspice Domine de sede, opus 121 : 1. « Adspice Domine de sede » – Te Deum, MWV B 15 : 1. « Te Deum laudamus »
Johannes Brahms : Zwei Motetten, opus 29 : 1. « Es ist das Heil uns kommen her » – Zwei Motetten, opus 74 : 2. « O Heiland, reiss die Himmel auf » Les Eléments, Joël Suhubiette (chef de chœur)
Pablo Garrido (violoncelle), Christian Staude (contrebasse), Constance Taillard (orgue positif)

Placée « sous le regard d’Albert Schweitzer », la vingt‑septième édition de Bach en Combrailles, du 4 au 9 août, reste fidèle à ce qui a fait son succès. Après Antoine Anquetil, qui présidé le festival de 2014 à 2020, Antoine Thiallier a succédé à son père, Jean‑Marc Thiallier (1964‑2004), vétérinaire et organiste, qui l’avait fondé en 1999, tandis que depuis cette année, Julien Caron, directeur du Festival de La Chaise‑Dieu de 2012 à 2022, en a pris la direction artistique, à la suite de Patrick Ayrton (jusqu’en 2016) et Vincent Morel (de 2016 à 2024).
Mais par‑delà les personnalités qui se succèdent tant à la présidence qu’à la direction artistique, l’esprit de la manifestation se perpétue pour la plus grande satisfaction d’un nombreux public, essentiellement local, dans des lieux qui vont bien au‑delà des Combrailles (au nord‑ouest de Clermont‑Ferrand) et même du Puy‑de‑Dôme, puisque l’un des concerts prend place dans la Creuse toute proche. Un festival court mais dense, offrant quatre événements par jour, dont les deux premiers à entrée libre : à 10 heures, un « Café Bach » puis à midi, l’audition d’orgue quotidienne (à entrée libre) en l’église Saint‑Michel (XIXe) de Pontaumur, sur l’instrument fait en 2003 par François Delhumeau et inspiré de celui d’Arnstadt (Wender, 1703), dont Bach, alors âgé de 18 ans, fut d’emblée le titulaire.
Garante d’une programmation tous azimuts, vocale comme instrumentale et allant jusqu’au jazz pour une soirée en plein air, la qualité des artistes invités se confirme également : la pianiste Anne Queffélec, les clavecinistes Chloé de Guillebon et Yoann Moulin, les organistes Karol Mossakowski, Thierry Mechler et Johann Vexo, les ensembles Les Surprises, Akadêmia, Le Stagioni et Alia Mens...
 (© Antoine Thiallier)
Et la famille s’agrandit cette année avec la première visite du chœur de chambre Les Eléments et de son fondateur, Joël Suhubiette (né en 1962), accompagnés par un violoncelle, une contrebasse et un positif pour un programme intitulé « Comme Bach ! ». Si le titre est plaisant, le propos est on ne peut plus sérieux, d’abord dans les œuvres choisies : des pages religieuses de Bach, bien sûr, mais aussi, en écho parfois troublant de ressemblance, de Mendelssohn et Brahms, même si ces affinités n’ont pas lieu de surprendre chez l’un comme chez l’autre. Sont même tissés ensemble pour former une sorte de cantate sui generis des extraits d’une cantate de Bach et d’une « musique d’église » toutes deux fondées sur le De profundis (« Aus tiefer Not schrei ich zu dir »). Dans le même esprit, on retrouve une autre « musique d’église » de Mendelssohn fondée comme un choral de Bach sur l’hymne luthérien Mitten wir im Leben sind. D’autres pages chorales, dont deux motets de Brahms, ainsi que de larges extraits de la Sonate pour viole de gambe en sol majeur et une fugue du Clavier bien tempéré de Bach complètent cet assemblage soigneusement agencé et donné sans entracte, parcourant un large éventail de sentiments, de l’affliction à la jubilation.
Et rien de plus sérieux non plus que la prestation de la formation toulousaine. Dans l’acoustique assez généreuse de l’ancienne collégiale (XIIe‑XIIIe) d’Herment, le son sature légèrement dans les forte mais cela n’empêche nullement d’admirer la cohésion, la justesse et la précision des attaques des choristes, dont les soli se montrent également remarquables. Sous la direction aussi ferme que minutieuse de Joël Suhubiette, le texte est parfaitement articulé et mis en valeur, les voix s’entremêlent avec une grande clarté tandis que les sonorités, évoquant tantôt l’orgue ou l’orchestre, régalent l’oreille. C’est donc à la satisfaction générale que « Mitten wir im Leben sind » de Mendelssohn est repris en bis.
Le site du festival Bach en Combrailles
Le site du chœur de chambre Les Eléments
Le site de Constance Taillard
Simon Corley
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