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Propre et lisible

Liège
Opéra royal de Wallonie
03/12/2025 -  et 14, 16*, 18, 20 mars 2025
Gioacchino Rossini : Guillaume Tell
Nicola Alaimo (Guillaume Tell), John Osborn (Arnold Melchtal), Salome Jicia (Mathilde), Elena Galitskaya (Jenny), Emanuela Pascu (Hedwige), Patrick Bolleire (Walter Fürst), Inho Jeong (Gessler), Ugo Rabec (Melchtal), Tomislav Lavoie (Leuthold), Nico Darmanin (Ruodi, Un pêcheur), Kresimir Spicer (Rodolphe)
Chœurs de l’Opéra royal de Wallonie, Denis Segond (chef des chœurs), Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie, Stefano Montanari (direction musicale)
Jean-Louis Grinda (mise en scène), Eric Chevalier (décors), Françoise Raybaud (costumes), Laurent Castaingt (lumières), Eugénie Andrin (chorégraphie)


(© Jonathan Berger/Opéra royal de Wallonie)


Un mois après Tristan et Isolde, la saison se poursuit à l’Opéra royal de Wallonie avec une autre œuvre de grande envergure, Guillaume Tell (1829). La dernière série de représentations du dernier opéra de Rossini y remonte à l’an 2000. A cette époque, Jean‑Louis Grinda en occupait le poste de directeur général et artistique, et c’est lui qui met en scène cette production. Il semble, car le programme ne l’indique pas, que ce soit la même, ou presque la même, mise en scène que celle de l’Opéra de Monte‑Carlo il y a dix ans, durant le mandat de, mais oui, Jean‑Louis Grinda.


Voici, sans la moindre surprise, une mise en scène peu inventive et fort convenue, mais propre et lisible. Dans cette scénographie séduisent surtout les lumières et les costumes. Le décor demeure assez dépouillé, avec des parois en bois et un fond de toiles représentant la nature. Mais cela suffit pour suggérer le lieu et l’époque de l’action, la Suisse d’antan. Et la pomme figure bel et bien sur la tête de Jenny, transpercée d’une flèche en plein centre par un Guillaume Tell passé maître dans l’art de manier l’arbalète. Jean‑Louis Grinda tenait à monter une version assez complète, sans fâcheuse coupure, de cet ouvrage. Il en résulte un spectacle assez long, avec des passages dansés, joliment exécutés, en particulier par de jeunes, voire de très jeunes gens. Malgré quelques beaux tableaux, et des passages bien amenés, la direction d’acteur se révèle soignée, mais vraiment trop ordinaire. Le metteur en scène parvient toutefois, fort de son expérience, le ton et l’envergure appropriés pour ce genre d’opéra.


Dans ce bel et chaleureux écrin évolue une distribution majoritairement non francophone, mais hautement satisfaisante. Baryton‑basse réputé, Nicola Alaimo s’identifie admirablement à ce héros légendaire. Impeccable, la prestation vocale témoigne d’un excellent métier et d’une fine connaissance de ce rôle abordé sur d’autres scènes. Autre titulaire réputé dans son rôle, John Osborn livre en Arnold une solide leçon de style – pureté vocale, justesse d’intonation, netteté du phrasé. La prononciation française de Salome Jicia laisse un peu à désirer, mais la chanteuse tient honorablement son rang en Mathilde, mais nous préférons, pour la beauté de la voix, la maitrise des moyens et la finesse de l’incarnation, la ravissante Hedwige d’Emanuela Pascu et le vif Jenny d’Elena Galitskaya. Cette excellente chanteuse et remarquable actrice forme avec le Guillaume de Nicola Alaimo un couple père‑fils idéal. Les autres rôles sont convenablement assurés, voire un plus que cela s’agissant du Walter de Patrick Bolleire et, surtout, du Gessler, odieux à souhait, d’Inho Jeong.


Les choristes, qui occupent une fonction primordiale, bien qu’ils demeurent un peu statiques, livrent une bonne prestation, comme d’habitude, grâce à la préparation de Denis Segond. A la tête d’un orchestre concerné et de qualité, Stefano Montanari anime de bien belle façon cette fresque, soucieux des changements d’atmosphère et des moments de respiration. Tout à son affaire dans ce répertoire, le chef promettait beaucoup dès l’Ouverture, et il n’a vraiment pas déçu par la suite.


Un spectacle classique, honnête, de belle facture.



Sébastien Foucart

 

 

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