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Mahler sans surenchère

Paris
Philharmonie
03/11/2025 -  et 3 (Wien), 8 (London) mars 2025
Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto n° 10 pour deux pianos, K. 316a [365]
Gustav Mahler : Symphonie n° 5

Katia et Marielle Labèque (piano)
Ceská filharmonie, Semyon Bychkov (direction)


S. Bychkov (© Petr Chodura)


Ce n’est pas le Concerto pour deux pianos de Mozart que l’on retiendra du second concert de l’Orchestre philharmonique tchèque, assez curieusement nommé « Czech Philharmonic » sur le programme, dirigé par Semyon Bychkov. Les sœurs Labèque s’y montrent en petite forme, avec toujours le même décalage entre une Katia plus anguleuse et plus démonstrative, une Marielle plus concentrée et plus poétique, alors que le chef n’offre qu’un accompagnement de bonne tradition. Souvenons‑nous plutôt de leur Concerto pour deux pianos de Poulenc, il y a trois ans. En bis, à quatre mains, la Berceuse de Dolly de Fauré.


Restera davantage la Cinquième Symphonie de Mahler, qui révèle un magnifique orchestre – même s’il n’a plus les parfums d’antan, par lesquels on le reconnaissait aussitôt. Une phalange visiblement toute dévouée à son chef, lui offrant un éventail dynamique à la mesure de toutes les nuances de la partition et de son lacis polyphonique. Mais les contrastes, aussi vifs soient‑ils, ne s’avèrent jamais artificiellement exaltés, sans doute parce que la direction refuse toute surenchère dans l’expression, comme si le respect de la lettre suffisait à rendre l’esprit, notamment pour le Stürmisch bewegt du deuxième mouvement. Cette Cinquième n’ouvre pas des abîmes, à l’instar de celle d’un Bernstein autrefois. Pour être sombre, la Marche funèbre initiale n’a pas la noirceur hallucinée de certaines lectures. Et l’Adagietto, rendu célèbre par Mort à Venise de Visconti, loin de pleurer, reste presque pudique, aux cordes d’une beauté très pure, au milieu desquelles on a placé la harpe – un grand moment. Le souci des nuances les plus infimes, cependant, nuit parfois à la continuité du discours – surtout dans le Rondo-Finale, dont la forme, de toute façon, se cherche un peu. Mais on aime cette lecture fidèle, équilibrée, rien moins que narcissique, dont le Scherzo pourrait seulement rapprocher davantage Prague de Vienne.



Didier van Moere

 

 

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