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Herkulessaal
03/06/2025 -  et 7 (München), 8 (Weiden), 10 (Bruxelles) mars 2025
Felix Mendelssohn : Symphonie n° 5 « Reformation », opus 107
Gustav Mahler : Das Lied von der Erde Gustav Mahler: Le chant de la terre

Fleur Barron (mezzo-soprano), Andrew Staples (ténor)
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Daniel Harding (Direction)


D. Harding (© Bayerischer Rundfunk/Astrid Ackermann)


C’est une relation spéciale bâtie sur la durée qui existe entre Daniel Harding et l’Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise. Les musiciens connaissent le chef anglais depuis de nombreuses années. Le courant passe entre eux d’une manière naturelle. Harding sait quand intervenir sans « déranger » ses musiciens et quand son intervention apporte quelque chose.


La Cinquième Symphonie de Mendelssohn est probablement l’œuvre la plus « protestante » qu’il ait écrite. Le premier mouvement cite un choral, l’Amen de Dresde, utilisé dans les services religieux en Allemagne et que Wagner reprendra comme leitmotiv du Graal dans Parsifal. L’Andante initial démarre aux violoncelles et altos, pupitres que Harding fait volontairement jouer sans vibrato à la manière ancienne. Le contraste lorsque les violons entrent avec des nuances pianissimo et une certaine luminosité n’en est que plus frappant. L’Allegro con fuoco qui suit est rageur, voire violent, tandis que le deuxième mouvement Allegro vivace, pris à un tempo animé, est plein de vie et tout à fait superbe. La flûte solo de Lucas Spagnolo impressionne par la largeur de la dynamique dans l’introduction du dernier mouvement. L’Allegro final, fondé sur un choral de Martin Luther, est merveilleusement construit et très éloquent.


C’est un orchestre aux dimensions plus imposantes qui revient en seconde partie pour Le Chant de la Terre. Comme on peut s’y attendre d’une telle formation, le niveau est très élevé. Les bois très présents, à nouveau Lucas Spagnolo à la flûte et Stefan Schilli au hautbois, sont superbes. Le pupitre des cors, emmené par Pascal Deuber, est d’une solidité à toute épreuve. Les nombreuses interventions à la harpe de Magdalena Hoffmann sont resplendissantes. Dans cette œuvre si complexe, la mise en place obtenue par Harding est impeccable et permet d’apprécier la qualité de l’orchestration de Mahler.


La partie de ténor est d’une difficulté incroyable. La tessiture du premier mouvement est élevée et l’orchestre, très dense, ne le ménage pas. Andrew Staples possède les notes et le volume qu’exige la pièce et impressionne, même si l’on se demande à plusieurs reprises s’il n’aurait pas pu phraser avec plus de legato si Harding avait davantage modéré son orchestre.


Fleur Barron dispose des notes et du volume requis, cependant son timbre est un peu pâle. C’est peut‑être ce qui l’amène à fortement dramatiser le texte. Chaque mot, chaque inflexion sont sur‑caractérisés. Sur une œuvre de cette amplitude et d’une telle durée, cela devient par moments un peu lourd, et le même reproche pourrait être fait à Daniel Harding qui, dans l’« Abschied » final, insiste sur chaque nuance et chaque sforzando.


On sort de cette représentation fortement impressionné par le niveau instrumental global mais un peu saturé par tant de recherches alors que, finalement, une certaine retenue dans ce Chant de la Terre aurait été le moyen de générer bien plus d’émotions.


Antoine Lévy-Leboyer

 

 

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