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Baden-Baden
Festspielhaus
06/15/2024 -  
Airs, duos et intermezzos de Gerónimo Giménez, Reveriano Soutullo/Juan Vert, José Serrano, Manuel Fernández Caballero, Enrique Granados, Jacinto Guerrero, Ruperto Chapí, Pablo Sorozábal, Federico Moreno Torroba, Manuel de Falla, Pablo Luna, Manuel Penella et Amadeo Vives
Plácido Domingo (baryton), Maria Kataeva (mezzo-soprano)
Philharmonie Baden-Baden, Francesco Ivan Ciampa (direction)


P. Domingo (© Andrea Kremper)


Déjà détenteur du record historique du nombre d’opéras intégraux chantés sur scène et au disque, avec pas loin de cent cinquante rôles différents interprétés au cours de sa carrière, Plácido Domingo va-t-il à présent aussi pulvériser tous les records connus de longévité vocale ? A quatre-vingt-trois ans bien sonnés, son agenda de concerts s’est certes allégé, mais il n’est toujours pas vide, et quelques dates sont même annoncées pour 2025.


Des apparitions devenues au demeurant prudentes, le ténor puis baryton espagnol se gardant désormais de se produire comme seule tête d’affiche d’une soirée. Programmes aménagés, airs et duos brefs, partenariat avec des voix plus jeunes qui se chargent des passages plus brillants, répertoire de plus en plus léger… tout est conçu pour tenter de camoufler ce que les prestations du vieux lion, crinière neigeuse et démarche toujours assurée, ont aujourd’hui de fragile.


Ce soir, dans un programme entièrement consacré au domaine spécifiquement espagnol de la Zarzuela, ces multiples précautions ne trompent en fait plus grand monde. Le chant paraît émacié, presque à bout de souffle, avec pourtant encore, ici ou là, quelques beaux coups de patte, quand l’interprète réussit à bander ce qui lui reste de muscles pour faire sortir quelques aigus qui conservent un peu de prestance. Pour tout admirateur de l’un des plus formidables chanteurs de l’histoire de l’opéra, c’est beaucoup, mais, objectivement, si Plácido Domingo réussit toujours aujourd’hui à mettre une salle à ses pieds, il faut bien avouer qu’il n’a plus grand-chose de substantiel à lui offrir, hormis la joie de pouvoir l’approcher l’espace d’une soirée, et respirer une fois encore le même air que lui. Somme toute, aujourd’hui, Domingo n’est plus que l’ombre de lui-même, mais reste une belle ombre, et cela suffit pour combler un public d’inconditionnels.


Ce répertoire particulier de la Zarzuela est-il au moins correctement servi ? Dans une certaine mesure oui, Domingo chantant ici dans son milieu atavique, sa mère, la soprano Pepita Embil Etxaniz, ayant été une célèbre interprète de ce répertoire. Un garant d’authenticité et de charme, pour un genre à traiter avec un juste équilibre entre respect et sensualité accrocheuse. Dans ces extraits, romances langoureuses, et duos, tantôt piquants, tantôt d’une expression amoureuse un peu convenue, le ton de Domingo paraît toujours juste, à défaut d’une brillance désormais hors de portée. Et pour le reste, c’est surtout la mezzo-soprano russe Maria Kataeva qui occupe le terrain des décibels, en forçant un peu sur l’espagnolade, mais avec une certaine efficacité, y compris en s’accompagnant au besoin elle-même avec des castagnettes.


Accompagnement honorable assuré par la Philharmonie de Baden-Baden, orchestre moins convaincant en revanche dans des pièces de remplissage empruntées au grand répertoire ibérique (Granados, Falla…) où les tempi parfois erratiques adoptés par le chef italien Francesco Ivan Ciampia déconcertent un peu.



Laurent Barthel

 

 

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