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Programmes copieux et inventifs

Paris
Philharmonie
09/04/2021 -  et 27 (Berlin), 29, 30 (Salzburg) août, 2 (Luzern), 5* (Paris) septembre 2021

4 septembre
Carl Maria von Weber: Oberon, J. 306: Ouverture
Paul Hindemith: Symphonic Metamorphosis of Themes by Carl Maria von Weber
Franz Schubert : Symphonie n° 9, D. 944



5 septembre
Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Roméo et Juliette
Serge Prokofiev : Concerto pour piano n° 1, opus 10
Josef Suk : Pohádka léta, opus 29

Anna Vinnitskaya (piano)
Berliner Philharmoniker, Kirill Petrenko (direction)


K. Petrenko (© Stefan Rabold)


Riche semaine germanique à la Philharmonie de Paris avec, pour l’ouverture de la saison avec un public retrouvé, la venue exceptionnelle de deux orchestres mythiques de la scène musicale allemande. A celui du Festival de Bayreuth (voir ici) a succédé le Philharmonique de Berlin pour deux concerts et deux programmes copieux.


On avoue rester dérouté et perplexe après avoir entendu quelques heures durant ces deux monuments allemands de la scène et de la fosse. Grande et indéniable perfection technique sous la direction des deux grands techniciens du son que sont les chefs respectivement letton et russe Andris Nelsons et Kirill Petrenko mais aussi tant à dire sur le contenu purement musical, qui souffre souvent de cet abus de perfectionnisme. Et, dans les deux cas, comment expliquer que l’impression de sursaturation sonore n’ait pas été anticipée et corrigée pendant les répétitions? Bayreuth est un orchestre de fosse et pas n’importe laquelle, une fosse couverte à la sonorité unique au monde, quasi magique. Le transposer sur scène dans une acoustique aussi sèche qu’est celle de la grande salle de la Philharmonie de Paris aurait demandé certains ajustements. Les Berliner Philharmoniker se produisent dans une salle à l’acoustique miraculeuse, elle aussi sans équivalent dans le monde. Ce n’est pas diminuer leur mérite que de constater qu’en tournée, privés de cette acoustique, le résultat sonore perd une petite partie de sa magie.


Les deux grands programmes composés par Kirill Petrenko pour ces concerts parisiens ne manquaient pas d’originalité. Faire se succéder Weber avec l’Ouverture de son opéra Obéron, moment le plus enivrant de ces deux soirées, avec les Métamorphoses symphoniques sur des thèmes du même Weber de Hindemith ne manque pas d’inventivité. Cette dernière œuvre permet à l’orchestre une démonstration technique éblouissante avec quelques soli dont le grand solo de flûte admirablement joué par Emmanuel Pahud dans l’Andantino, le mouvement le plus purement musical de la pièce. On est resté plus circonspect sur l’interprétation certes parfaitement menée mais si froide de la Neuvième Symphonie dite «La Grande» de Schubert dont l’abus de recherche de nuances et de mise en exergue de détails instrumentaux souligne un peu trop les «divines longueurs».


Le lendemain, le concert commençait de façon tonitruante avec l’Ouverture-fantaisie Roméo et Juliette de Tchaïkovski, magnifique démonstration de la cohésion de l’orchestre mais jouée avec une sursaturation du son déplaisante. Suivait une démonstration digitale époustouflante par la pianiste russe Anna Vinnitskaya, élève du grand Evgeni Koroliov, dans le Premier Concerto de Prokofiev. Digitale certes, mais peu de musicalité dans cette œuvre que Daniil Trifonov et Martha Argerich ont souvent transcendée.


Le poème symphonique Un Conte d’été du Tchèque Josef Suk, élève et gendre d’Antonín Dvorák, est un bel exemple du postromantisme tardif si riche chez les compositeurs d’Europe centrale. L’aspect contemplatif de la nature donne lieu à de très beaux soli instrumentaux et c’est certainement dans cette pièce calme et introspective que l’orchestre s’est montré le plus à l’aise. C’est une œuvre fétiche de Kirill Petrenko, qu’il a enregistrée pour CPO avec l’Orchestre du Komische Oper de Berlin, longtemps le seul enregistrement disponible du chef russe. De celui-ci, on a constamment admiré un art et une technicité de la direction, avec une gestuelle souple et expressive de tout le corps, un grand raffinement dans la recherche des nuances et l’équilibre des plans sonores orchestraux. La légende est en route, certes avec un coefficient de sympathie qui semble un peu dépasser sa valeur réelle, que l’on a plus souvent pu apprécier dans la fosse, à l’Opéra de Lyon particulièrement, qu’au concert. L’avenir dira la marque qu’il imprimera à cette phalange exceptionnelle dont il est le directeur musical depuis deux saisons.



Olivier Brunel

 

 

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