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Comme à l’opéra

Bruxelles
Bozar, Salle Henry Le Bœuf
09/22/2014 -  6 (Perugia), 18 (Kempten), 20 (Amsterdam) septembre 2014
Wolfgang Amadeus Mozart: Die Entführung aus dem Serail, K. 384
Robin Johannsen (Konstanze), Mari Eriksmoen (Blondchen), Maximilian Schmitt (Belmonte), Julian Prégardien (Pedrillo), Dimitry Ivashchenko (Osmin), Cornelius Obonya (Bassa Selim)
Cappella Amsterdam, Frank Markowitsch (préparation du chœur), Akademie für Alte Musik Berlin, René Jacobs (direction)


R. Jacobs (© Josep Molina)


Il ne manque plus que les décors et les costumes. Les chanteurs interprètent L’Enlèvement au sérail (1782) sur la scène de la salle Henry Le Bœuf avec une telle éloquence et un tel dynamisme que l’on s’interroge sur le nom du metteur en scène. Il s’agit pourtant d’une version de concert, seuls l’Académie de musique ancienne de Berlin et René Jacobs recourant à la partition. Les personnages imposent leur présence avec une grande force de conviction grâce à une distribution impliquée et parfaitement composée, même si dénicher une voix encore plus séduisante pour Konstanze et pour Pedrillo reste possible. Robin Johannsen met en valeur un timbre agréable, ni plus ni moins, mais la soprano affiche un fier tempérament, la ligne vocale se déploie fermement et majestueusement, sans que la chanteuse doive puiser dans ses réserves. S’il ne bénéficie pas encore de la notoriété de son père, Julian Prégardien possède, outre une solide technique vocale, un talent considérable pour jouer la comédie, avec un charisme et un panache épatants : son Pedrillo constitue un véritable régal. Le ténor, qui ne s’épargne pas sur scène, prend garde de ne pas sacrifier le chant au détriment du théâtre.


En comparaison, Maximilian Schmitt endosse le rôle de Belmonte avec moins de naturel mais, pour sa défense, le personnage n’appelle pas autant de verve théâtrale que celui de Pedrillo. Le ténor, en revanche, fait valoir un timbre magnifique, d’une grande clarté, parfait pour Mozart, et un chant d’une excellente tenue. Dimitry Ivashchenko, basse puissante, aux graves profonds et à la ligne impeccable, campe un savoureux Osmin. Difficile enfin d’imaginer Blonde plus piquante, effrontée et audacieuse que celle de Mari Eriksmoen, et pas seulement parce que le prénom de l’héroïne correspond à la couleur de cheveux de la chanteuse – de surcroît, la prestation vocale convainc sans réserve. La voix enrouée de Cornelius Obonya a de quoi surprendre, mais cela ne porte aucunement préjudice au personnage de Selim auquel il apporte autorité et humanité.


René Jacobs reste fidèle à sa ligne de conduite : grâce à des tempi serrés mais judicieusement choisis, la musique progresse à vive allure, le chef veillant à la netteté de la structure et à la transparence du dialogue instrumental. L’excellence de l’Académie de musique ancienne de Berlin, décidément un des meilleurs ensembles jouant sur instruments d’époque, participe à la réussite de ce concert d’anthologie auquel ceux qui ont eu la chance d’assister n’oublieront pas de sitôt. Le prochain concert des European Galas, que Bozar coproduit avec le Festival van Vlaanderen, se tiendra le 26 novembre : Philippe Jordan dirigera les Wiener Symphoniker dans l’Ouverture de Tannhaüser de Wagner, le Second Concerto pour piano de Liszt, avec Khatia Buniatishvili, et la Première Symphonie de Bruckner. Quant à René Jacobs, il reviendra au Palais des Beaux-Arts le 20 décembre pour l’Oratorio de Noël de Bach, avec l’ensemble B’Rock, puis le 6 mars, avec cette fois l’Orchestre baroque de Fribourg, pour Le Barbier de Séville... de Paisiello.


Le site de l’Académie de musique ancienne de Berlin



Sébastien Foucart

 

 

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