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06/16/2003
Nikolaï Rimski-Koraskov : Shéhérazade, opus 35
Alexandre Borodine : Dans les steppes de l’Asie centrale
Mily Balakirev : Islamey (orchestration Sergeï Liapounov)

Sergeï Levitin (violon), Orchestre du Kirov, Valery Gergiev (direction)
Philips 470 840-2


Programme homogène (les Russes et une certaine idée de l’Orient à la fin du XIXe siècle), non dépourvu d’originalité (une orchestration d’Islamey de Balakirev), et affiche alléchante (un chef haut en couleur et son prestigieux orchestre): on n’en reste que davantage sur sa faim, tant cette parution révèle, à l’écoute, une succession d’occasions manquées.


Dépourvue de cohérence interne, l’approche de Gergiev, dans Shéhérazade, souligne – parfois avec panache, il est vrai – tel ou tel détail, telle ou telle curiosité. Pour ce faire, les tempi adoptés sont globalement lents, voire très lents (Le jeune prince et la princesse, pourtant marqué Andantino quasi allegretto, s’étire en longueur, entre pétrification et phrasés dégoulinants), et toujours agrémentés d’un très fort rubato. A force, le discours se distend, tant la progression et la continuité font défaut. Chargée d’intentions peu subtiles –en témoigne notamment un violon solo perpétuellement sirupeux et minaudant – théâtrale plus que dramatique, la musique déroule une succession de clichés spectaculaires, qui ne dépareraient sans doute pas le ballet créé en 1910 par Fokine sur un argument redoutablement kitsch d’Alexandre Benois, évoqué dans l’intéressante notice de présentation du disque (présentée en anglais, français et allemand).


Cette (absence de) conception (d’ensemble) s’accorde avec une prise de son cathédralesque, clinquante, tonitruante et confuse dans les fortissimi (et dans un montage parfois fâcheusement audible). Une grande partie du mouvement final se transforme ainsi en capharnaüm éléphantesque et tapageur. Ceux qui seraient allergiques à cette esthétique pourront donc continuer à se reporter, ne serait-ce que chez Philips, à Kondrachine/Concertgebouw (1979).


Si Dans les steppes de l’Asie centrale de Borodine constitue sans doute le point fort de cet ensemble, l’orchestration d’Islamey de Balakirev par Liapounov (1912), destinée – comme celle réalisée cinq ans plus tôt par Alfredo Casella – à un ballet, frappe également par son caractère bruyant et épais, auprès duquel les Danses polovtsiennes feraient figure de délicat pas de deux. Faute de disposer de la partition ou même d’une autre version de cette pièce, on ne sait trop s’il convient d’incriminer l’instrumentation de Liapounov – le compositeur était lui aussi attiré par l’exotisme, si l’on en croit son «poème symphonique oriental» Haschisch (1913) – ou les options d’interprétation et d’enregistrement retenues pour Shéhérazade


Simon Corley

 

 

 

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