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10/30/2026 Felix Mendelssohn : Lieder ohne Worte, opus 19b, 30, 38, 53, 62, 67, 85 et 102 Bertrand Chamayou (piano)
Enregistré à Grenoble (12‑14 et 17‑22 décembre 2025) – 114’16
Album de deux disques Erato/Warner Classics 0827568019615
Must de ConcertoNet

Après un mémorable enregistrement de musique pour piano à quatre mains avec Leif Ove Andsnes qui leur a valu le prix « Piano » aux Gramophone Classical Music Awards cette année, le pianiste français Bertrand Chamayou présente l’intégralité des quarante‑huit Romances sans paroles de Felix Mendelssohn Bartholdy.
On croyait que la discographie de ces courtes pièces dont la composition classée en huit cahiers de six s’échelonne sur la totalité de la vie du compositeur, « sorte de journal intime » selon Bertrand Chamayou, se résumait à l’enregistrement de Daniel Barenboim publié en 1973 chez Deutsche Grammophon. Merci à la si culte et doyenne des émissions de de France Musique La Tribune des critiques de disques (du dimanche 28 octobre 2018), qui a permis d’en découvrir bien d’autres (András Schiff, Javier Perianes, Rena Kyriakou, Lívia Rév, Shani Diluka, Philippe Cassard), de même qu’à l’intelligence artificielle, qui en connaît d’autres encore, parmi lesquels Ignaz Friedman et Walter Gieseking, dont ce n’est vraiment pas l’univers. Parmi cette moisson discographique se distinguait Javier Perianes et on regrettera amèrement que deux pianistes à qui elles auraient si bien convenu, Murray Perahia et Youri Egorov, n’en aient enregistré que des extraits.
La malle à souvenirs qui orne la couverture de l’album illustre le propos du pianiste dans sa présentation de l’enregistrement : « histoires que chacun de ces souvenirs nous fait revivre, baignées d’un parfum doucement suranné et enivrant, en cherchant à démêler le vrai du faux de nos mémoires ». Pour leurs titres, Bertrand Chamayou n’a retenu strictement que ceux suggérés par le compositeur comme les trois « Chants de gondolier vénitien », « La Fileuse » et bien sûr, la plus célèbre peut être, la « Chanson de printemps ».
On ne détaillera pas l’interprétation de ces quarante‑huit vignettes car ce qui frappe le plus est une totale fusion du style, de l’ambiance douce et mélancolique, de la beauté du son si moelleux qui suggère le chant – le litre allemand est Lieder ohne Wörte (« Chants sans paroles ») –, de la délicatesse du toucher et de la subtilité des phrasés tout au long de ces presque deux heures de musique que l’on peut écouter d’affilée au contraire de tant d’intégrales d’autres pièces pour piano qui, jouées sans interruption, voient leur charme annulé à la longue. Deux heures de bonheur absolu !
Olivier Brunel
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