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08/20/2026
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 5 en ut mineur, opus 67
Richard Strauss : Ein Heldenleben, opus 40

Ernő Sebestyén (violon), Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Seiji Ozawa (direction)
Enregistré en public à la Herkulessaal, Munich (17‑18 janvier 1990) – 76’03
BR Klassik 900238 – Notice (en allemand et en anglais) de Guido Johannes Joerg


Sélectionné par la rédaction





Seiji Ozawa (1935-2024) n’a dirigé l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise (BRSO) qu’à deux reprises. La première fois, ce fut en juillet 1983 lors d’un concert associant l’Ouverture d’Egmont et le Premier Concerto de Beethoven (ce dernier figurant sur un disque déjà paru chez BR Klassik) avec Martha Argerich comme soliste, ainsi que Le Sacre du printemps, que l’on peut d’ailleurs visionner sur YouTube. La seconde rencontre eu lieu environ sept ans plus tard avec ce concert où le chef japonais dirigea deux monuments de la musique classique respectivement composés par Ludwig van Beethoven et Richard Strauss.


Seiji Ozawa, en dépit de sa formation « classique » reçue aussi bien au Japon qu’en Europe et aux Etats‑Unis, n’a jamais été un interprète reconnu de Beethoven ; à titre personnel, nous gardons certes le souvenir en concert d’une Huitième Symphonie fort bien enlevée à la tête de l’Orchestre symphonique de Boston mais tant en public qu’au disque, les rencontres entre le chef et le compositeur allemand ne furent guère légion. C’est dommage car cette Cinquième Symphonie, à défaut de révolutionner la discographie, est des plus recommandables. Face à une des meilleures phalanges orchestrales du monde, Ozawa s’avance en terrain conquis : le premier mouvement possède une fougue qui nous emporte immédiatement, la fin (à partir de 5’52) recélant une force tellurique que l’on devine dirigée d’une main de maître. L’Andante con moto bénéficie d’un lyrisme renversant qui convenait si bien à Ozawa, imposant un discours dénué de tout narcissisme, qui avance constamment, et qui fait briller ici ou là les basses de l’orchestre et les bois solistes. Après un troisième mouvement très théâtral (la tension avant la transition avec l’Allegro conclusif), on est totalement sous le charme d’un dernier mouvement à la direction motorique, marqué par une fluidité orchestrale de tout premier ordre.


Avec ce concert, nous avons là, sauf erreur, la quatrième version d’Une vie de héros dirigée par Seiji Ozawa, après sa version bostonienne (avec Joseph Silverstein en soliste, Philips, 1982), sa version berlinoise (lors d’un concert donné au Suntory Hall de Tokyo le 30 septembre 1986, visible sur le Digital Concert Hall de l’orchestre, avec Tōru Yasunaga, alors Konzertmeister des Berliner comme soliste) et, sa version à la tête de l’Orchestre des jeunes Gustav Mahler (avec Renaud Capuçon en soliste, enregistrement public de 2000 récemment publié chez Deutsche Grammophon). Bien que nous ayant légué des disques studio de tout premier ordre, on a là une confirmation : le « feu Ozawa » parvenait ô combien à nous électriser en concert comme peu de chefs savaient le faire ! Car voilà une gravure de tout premier ordre, grâce tout d’abord au violon solo impeccablement tenu par Ernő Sebestyén, qui se veut tantôt mutin, tantôt adoptant un caractère bien trempé lorsqu’il doit incarner la femme du héros. L’orchestre brille de mille feux : inutile de saluer trop longuement chaque soliste (mention spéciale aux cor anglais et clarinette dans la partie « La Compagne du héros »), non plus que les basses du BRSO qui caractérisent les grandes phalanges allemandes. La dernière partie (« La Retraite du héros et l’Accomplissement ») est d’une beauté presque suffocante, la direction de Seiji Ozawa insistant comme souvent sur la pulsation intérieure, la finesse de l’orchestre étant véritablement sublime en fin de mouvement.


Un disque à ranger avant tout à « S » comme « Strauss », et que ne manqueront sous aucun prétexte les nombreux admirateurs d’un des chefs d’orchestre les plus charismatiques de la seconde moitié du XXe siècle.


Le site de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise


Sébastien Gauthier

 

 

 

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