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07/12/2026 Ernest Chausson : Concert, opus 21 – Poème, opus 25 [*] Renaud Capuçon (violon), Nicholas Angelich (piano), Quatuor Ebène : Pierre Colombet, Gabriel Le Magadure (violon), Marie Chilemme (alto), Raphaël Merlin (violoncelle), Brussels Philharmonic, Stéphane Denève (direction)
Enregistré à Bruxelles (novembre 2018) [*] et à Paris (27 juin 2020) – 61’43
Erato 5026854565521
Sélectionné par la rédaction

Après la parution chez Erato/Warner d’un coffret de sept disques d’enregistrements inédits « Hommage à Nicholas Angelich » et pour le quatrième anniversaire de sa disparition à l’âge de 51 ans, Nathalie Krafft signe aux éditions Fugue sa première biographie, un travail formidablement documenté et très complet à la fois sur le plan journalistique que par le portrait qu’elle peint d’un musicien qu’elle a bien connu et admiré. Erato publie simultanément le Concert de Chausson, une œuvre fétiche du pianiste, enregistrée à la Fondation Singer‑Polignac en 2020 avec le Quatuor Ebène et son partenaire de musique de chambre privilégié, le violoniste Renaud Capuçon.
Outre la magistrale interprétation du Concert de Chausson, conçu pour le virtuose belge Eugène Ysaÿe qui le créa en 1892, enregistré pendant le confinement de la covid‑19 (juin 2020) à huis clos mais dans les conditions d’un concert à la Fondation Singer‑Polignac, qui avait imaginé le festival virtuel « Rendez‑vous à Paris » grâce à medici.tv et Kali Son, ce qui fait la valeur de cet album est qu’il est le dernier enregistrement connu de Nicholas Angelich dans une œuvre qu’il avait beaucoup jouée et qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’enregistrer en studio. Le Quatuor Ebène et Renaud Capuçon avaient très souvent été les partenaires de cette œuvre, notamment au Festival de Deauville. Si tous les enregistrements français du pianiste ont été publiés par Erato/Warner, il semble que du côté de Deauville, on s’active pour publier quelques archives notamment le Dix‑Septième Concerto de Mozart et un programme Schubert.
Dans ces conditions, on passera aisément sur quelques petites imperfections et sur le fait que l’enregistrement met un peu trop le violoniste en avant, pour savourer une interprétation magistrale, menée par un Quatuor Ebène au sommet et dans lequel les deux solistes rivalisent d’émotion sans jamais virer dans le pathos ni l’excès d’impressionnisme. Sans détrôner les versions de référence du Concert que sont celles de Pierre Amoyal, Pascal Rogé et le Quatuor Ysaÿe (Deutsche Grammophon), et d’Augustin Dumay, Jean‑Philippe Collard et le Quatuor Muir (EMI), cette version, par son histoire singulière, apporte un regard plus vivant sur cette œuvre.
Il est difficile d’écouter après ce bouillonnant Concert le Poème, également composé pour Eugène Ysaÿe. L’interprétation de Renaud Capuçon reste parfaite stylistiquement et techniquement mais le Brussels Philharmonic, sous la direction de Stéphane Denève, affadit un peu la partie orchestrale.
Olivier Brunel
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