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05/08/2026
Ondrej Kukal : Symphonie n° 1 « Se zvonkohrou », opus 15
Jirí Teml : Labyrint paměti [*]

Ceská filharmonie, Jakub Hrůsa, Tomás Netopil [*] (direction)
Enregistré en public à Prague (16 février 2024 et 5‑7 février 2025 [*]) – 44’46
Animal Music ANI 150





Après l’âge d’or des Smetana, Dvorák, Janácek et Martinů, le lourd héritage de la musique tchèque fut porté tant bien que mal, entre autres, par Kabelác, Kalabis et Feld. Plus près de nous, on a parfois pu entendre en France la musique de Marek Kopelent (1932‑2023) ou, dans une autre génération, d’Ondrej Adámek (né en 1979), mais les compositeurs de la République tchèque n’ont plus aujourd’hui un écho comparable à ceux originaires de pays de taille comparable ou inférieure, comme la Finlande ou l’Estonie.


Ce disque de musique symphonique qui aurait gagné à offrir une durée plus longue confirme l’impression qu’à la différence d’autres pays, la musique tchèque de notre temps ne possède pas ces caractères spécifiques qui permettraient de l’identifier aisément. Bénéficiant des sonorités de la splendide Philharmonie tchèque et des deux excellents chefs que sont Jakub Hrůsa (qui y succédera en 2028 à Semyon Bychkov aux fonctions de sefdirigent) et Tomás Netopil, les deux œuvres, au caractère tonal bien marqué, sont certes bien écrites pour l’orchestre mais s’en tiennent à des standards internationaux assez tièdes.


Ondrej Kukal (né en 1964) est violoniste – membre du Nouveau Quatuor Vlach de 1985 à 1995, koncertní mistr de l’Orchestre de chambre de Prague de 1996 à 2003 – et chef d’orchestre – sefdirigent de la Philharmonie de Hradec Králové de 2001 à  2012 – mais a fortement réduit ses activités à partir de 2003, après une méningo-encéphalite virale qui l’a laissé un temps amnésique. Achevée à Bamberg dans le cadre d’une bourse accordée par le gouvernement bavarois, sa Première Symphonie « Avec glockenspiel » (1999) – il existe par ailleurs une Sinfonia da camera de la même année – est construite de façon originale : deux mouvements d’une dizaine de minutes chacun, enchaînés par une Gradazione et suivis d’un Epilogue. Par son caractère tendu et dramatique, elle a pu apparaître au compositeur lui‑même comme un pressentiment de sa maladie. Une (bonne) musique de film, efficace, qui évite l’écueil des longueurs ou de la facilité, et où le glockenspiel a bien sûr le dernier mot.


Jirí Teml (né en 1935) a écrit trois Symphonies mais c’est ici une « image symphonique », commande de la Philharmonie tchèque, Le Labyrinthe de la mémoire (2018), dans un enregistrement réalisé à l’occasion de la création de l’œuvre, longuement repoussée en raison du covid. Les séquences de caractère très contrasté s’enchaînent, le compositeur ayant indiqué qu’il fallait y voir « un aspect biographique. [...] C’est une sorte de réminiscence à propos de ma vie. Certains thèmes représentent des jouets de mon enfance, mais aussi des souvenirs déplaisants et difficiles, tels que la maladie ». Les près de 20 minutes de cette page passent agréablement, grâce à une orchestration habile, colorée et séduisante, qui, si elles évoquent bien les intermittences et la richesse de la mémoire, ne font pas preuve d’une originalité saisissante.


Simon Corley

 

 

 

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