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04/19/2026
Peter Heise : Les six Quatuors à cordes
Quatuor Nordique : Heidrun Petersen, Mads Haugsted Hansen (violon), Daniel Eklund (alto), Lea Emilie Brøndal (violoncelle)
Enregistré à Copenhague (24‑25 février, 12 et 13 juin, 11 et 12 septembre 2022 [Quatuors n° 1 à n° 3], 1er et 2 juin, 3, 4, 10 et 11 août 2025 [Quatuors n° 4 à n° 6]) – 158’38
Album de trois disques Dacapo 8.226283‑85


Sélectionné par la rédaction





Peter Heise (1830-1879) : même le Cobbett, pourtant riche en noms complètement oubliés, ne pipe mot de ce disciple de Niels Gade, dont la musique est rare en dehors de son pays, et plus encore la musique de chambre, car il est avant tout connu pour ses deux opéras et ses nombreuses mélodies. Compositeur se situant clairement dans l’orbite germanique, il avait donc tout pour attirer l’œil de cpo. Mais il avait évidemment encore plus sa place dans sa propre patrie, chez Dacapo, éditeur toujours en pointe pour défendre la musique danoise. Quant au Quatuor Nordique, fondé en 2013, il prolonge son parcours discographique dans ce pays après des albums consacrés à Pelle Gudmundsen-Holmgreen puis à Nancy Dalberg. D’ailleurs, comme ceux de la compositrice, les Quatuors de Heise sont longtemps demeurés dans l’ombre, sa veuve ayant sans doute craint de révéler des œuvres considérées comme « de jeunesse », et n’ont été édités qu’en 2017.


C’est à peine croyable s’agissant d’un corpus qui gagne largement à être découvert. Certes, comme souvent dans le répertoire pour quatuor du XIXe siècle, probablement destiné à des exécutions privées davantage qu’au concert, les ingrédients en sont bien connus, traduisant une excellente connaissance des grands (plus ou moins) anciens – Haydn, Mozart, Schubert, Mendelssohn – et faisant l’impasse sur le dernier Beethoven. Même si, davantage que chez certains de ses compatriotes contemporains, on peut y déceler de discrets éléments folkloriques, on se situe bien dans le romantisme bien tempéré, parfaitement illustré par Gade, de l’école de Leipzig, où Heise alla se perfectionner en 1853 – il y a clairement un avant (les deux premiers quatuors de 1852) et un après (les trois quatuors suivants et le dernier de 1857), ne serait‑ce que par l’élargissement des proportions.


A 29 ans, Heise en avait terminé avec le quatuor (sans avoir pour autant renoncé à la musique de chambre) :pensait‑il avoir tout dit dans ce domaine ? ne souhaitait‑il plus se consacrer à des partitions dont il n’est pas certain qu’elles aient jamais été jouées de son vivant ? Toujours est‑il qu’on peut regretter qu’il s’en soit arrêté là. Car sans faire preuve d’une originalité à tout prix, Heise, qui pratiquait principalement le piano mais également le piano, n’en frappe pas moins par la qualité de son écriture, la continuité de son inspiration, sa maîtrise des formes, sa netteté de trait et son sens de l’équilibre. Le Quatuor Nordique met remarquablement en valeur le caractère expressif, voire dramatique, de ces œuvres sensibles, jamais mièvres, qui séjournent souvent dans les tonalités mineures.


Pour les trois derniers quatuors, il s’agit d’un premier enregistrement mondial. Les trois premiers étaient déjà parus en 2023 sur un seul disque sous les mêmes archets, ce qui rend assez peu compréhensible l’édition en trois disques des six quatuors mais n’ôte rien au vif intérêt suscité par cette publication : chacune de ces œuvres mérite d’être entendue et il ne fait pas de doute que les Cinquième et Sixième, bien que de caractère sensiblement différent – extraverti et symphonique pour l’un, côté Beethoven et Schumann, plus chambriste et moins ambitieux pour l’autre, côté Schubert et Mendelssohn –, mériteraient tous deux une place au répertoire.


Le site du Quatuor Nordique


Simon Corley

 

 

 

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