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02/07/2026 « Simple Music »
Arvo Pärt : Für Alina – Variationen zur Gesundung von Arinuschka – Ukuaru valss
Valentin Silvestrov : Kitsch Music
Giya Kancheli : Simple Musik Polina Osetinskaya (piano)
Enregistré dans la salle de concert Myasnikov de Saint-Pétersbourg (octobre 2023) – 67’
Evidence EVCD126 – Notice en anglais et russe

La pianiste Polina Osetinskaya propose dans ce disque des pièces relevant du courant minimaliste. Au vu du titre de l’album, il s’agirait de pages de musique « simple ». En fait, c’est plutôt de la musique « simpliste », d’une pauvreté assez attristante, faisant passer Georges Ivanovitch Gurdjieff pour un génie de la composition.
On a eu l’occasion dans ces colonnes d’évoquer un enregistrement récent de Pour Anna Maria d’Arvo Pärt (né en 1935) mais ici c’est Pour Alina qui nous est proposé. La pièce de circonstance composée en 1976 pour la fille d’un ami marque représente peut-être un tournant stylistique dans l’écriture du compositeur estonien mais n’est guère plus convaincante. Ses courtes Variations pour la guérison d’Arinuschka suscitent davantage l’intérêt. On note qu’elles sont abordées dans un tempo plus rapide que celui retenu par Szymon Nehring qui les a enregistrées à peu près au même moment pour Ibs Classical. Elles apparaissent alors plus optimistes, ce qui convient mieux lorsqu’on évoque une renaissance, mais peut‑être aussi plus superficielles.
Avec Valentin Silvestrov, compositeur ukrainien (né en 1937), on a droit à des pièces composées en 1977, des élégies incroyablement sirupeuses, intégrant carrément une des Saisons de Tchaïkovski, que rien, pas même la retenue de Polina Osetinskaya ne peut sauver. On peut se demander s’il n’eût pas mieux valu les alourdir par des excès de rubato pour les rendre au moins comiques.
Du Géorgien Giya Kancheli (1935‑2019), sont présentées dix‑neuf Miniatures extraites des trente‑trois que comporte sa Musique simple. Elles reprennent les motifs de ses nombreuses pièces destinées au cinéma et au théâtre. Toutes ont ainsi des sous‑titres ; plusieurs sont inspirées de pièces de Shakespeare. Mais on s’endort sur place. Si on se réveille un peu avec la miniature tirée de la bande originale de la comédie de science‑fiction passablement déjantée qui a connu un grand succès en Russie, Kin‑dza‑dza ! (1986), on replonge immédiatement après. Idéal pour accompagner le dernier whisky dans un bar d’un hôtel de luxe au Japon pour noyer sa solitude à l’issue d’une journée passé dans un salon professionnel.
En conclusion, si vous vous intéressez à la « musique d’ameublement » pour reprendre l’expression d’Erik Satie, ce disque est fait pour vous car c’est malgré tout du beau piano, fort bien enregistré. Si vous ne supportez qu’un minimum de « complexité », si vous attendez un plus de la musique que ce qu’on demande à de la chanson, vous pouvez passer votre chemin.
Stéphane Guy
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