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08/19/2025
Johann Sebastian Bach : Concertos pour trois clavecins, cordes et basse continue en ut majeur, BWV 1064 [1], et en ré majeur, BWV 1063 [2] – Concerto pour quatre clavecins, cordes et basse continue en la mineur, BWV 1065 [3] – Concerto brandebourgeois n° 3 en sol majeur, BWV 1048 (arrangement de Bertrand Cuiller pour quatre clavecins) [4]
Violaine Cochard [1, 3, 4], Olivier Fortin [4], Pierre Gallon [1, 2, 3], Jean‑Luc Ho [1, 2, 4], Davor Krkljus [3] (clavecin), Le Caravansérail, Bertrand Cuiller (clavecin [2, 3, 4] et direction)
Enregistré en l’église jésuite de Heverlee, Belgique (19‑22 février 2024) – 49’50
Ramée RAM 2403 (distribué par Outhere) – Notice (en allemand, en anglais et en français) de Christiane Hausmann


Sélectionné par la rédaction





Les concertos pour clavier de Johann Sebastian Bach (1685-1750) font partie des chefs‑d’œuvre de la littérature pour le piano ou le clavecin ; ses concertos pour trois ou quatre claviers sont plus rarement donnés et, même si plusieurs très bonnes versions sont aujourd’hui accessibles (de l’ancienne version pour quatre pianos, avec notamment Anne Queffélec et Michel Dalberto, dirigée par Jean-François Paillard chez Erato aux plus récentes versions pour clavecins dirigées par Trevor Pinnock pour Archiv ou Gustav Leonhardt chez Teldec), force est de constater que peu de clavecinistes ou pianistes s’y engagent.


Outre les difficultés techniques des partitions, il faut en effet trouver trois ou quatre interprètes qui sachent converser entre eux et qui aient une approche intéressante de ces concertos qui relèvent soit de l’exercice familial (Christiane Hausmann rappelle dans la notice d’accompagnement du disque que les Concertos BWV 1063 et BWV 1064 ont peut-être été écrits pour les leçons que Bach père souhaitait donner à ses deux fils Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel), soit de la transposition d’un concerto de Vivaldi (le Concerto BWV 1065), soit encore de l’exercice contemporain (la transposition pour quatre clavecins du Troisième Concerto brandebourgeois ayant été réalisée par Bertrand Cuiller lui‑même). Ici, à l’occasion des dix ans de l’ensemble Le Caravansérail dont il est le directeur artistique, le claveciniste Bertrand Cuiller réalise un grand coup en enregistrant ces concertos avec ses amis Violaine Cochard, Olivier Fortin (n’intervenant que comme quatrième clavecin dans le Concerto BWV 1048), Pierre Gallon, Jean‑Luc Ho et Davor Krkljus (seulement troisième clavecin dans le Concerto BWV 1065), Le Caravansérail étant réduit à sa plus simple expression (deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse).


Bien que l’on aimerait à titre personnel un effectif instrumental un peu plus fourni, quel superbe résultat ! Il tient bien évidemment à la dextérité mais surtout à l’entente, à la connivence, à l’amitié qui transparaît dans chaque mouvement entre les divers solistes (Bertrand Cuiller ayant veillé à ce que chacun puisse tour à tour avoir la première voix, deux des musiciens ayant au surplus accepté de venir pour ne jouer que dans un seul concerto). De fait, l’alchimie entre les six ou huit mains fait merveille : le premier mouvement du Concerto BWV 1064 avance sans raideur (le fourmillement des clavecins lui conférant une sorte de côté bucolique tout à fait réjouissant), l’Allegro concluant le Concerto BWV 1063 est conquérant (les accents !) sans précipitation, le Concerto BWV 1065 en vient presqu’à faire oublier les quatre violons solistes vivaldiens... Le jeu millimétré des divers solistes, accompagnés par un quintette à cordes discret mais bel et bien présent, permet d’accroître les contrastes (le début à l’unisson du premier mouvement du Concerto BWV 1063 ou le mouvement lent du Concerto BWV 1065, magnifique !) sans que quiconque ne tire la couverture à soi, seul comptant le plaisir de faire de la musique ensemble comme en témoigne l’Allegro concluant ce même Concerto BWV 1065, peut‑être le plus réussi du disque.


Quant au Troisième Concerto brandebourgeois, avouons que la transcription effectuée par Bertrand Cuiller est tout bonnement bluffante ! Le passage à partir de 3’34 dans le premier mouvement est frénétique, l’auditeur ne pouvant qu’être totalement pris par ces volutes où chaque voix parvient à être pleinement individualisée dans un tutti enivrant. La fugue du troisième mouvement témoigne une nouvelle fois de l’adresse des solistes, chacun contribuant à faire de ce disque une petite merveille que l’on ne peut que conseiller ardemment.


Le site de l’ensemble Le Caravansérail


Sébastien Gauthier

 

 

 

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