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100% russe

Colmar
Eglise Saint-Matthieu
07/06/2014 -  
Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Concerto pour piano n° 1, opus 23
Serge Rachmaninov : Symphonie n° 1, opus 13

Alexander Romanovsky (piano)
Orchestre national philharmonique de Russie, Vladimir Spivakov (direction)


A. Romanovsky (© Ugo Dalla Porta)


Si le concert d’ouverture du vingt-sixième Festival international de Colmar a mis à l’honneur Tugan Sokhiev et son Orchestre national du Capitole de Toulouse (voir ici), c’est ce soir Vladimir Spivakov – directeur artistique de la manifestation alsacienne depuis 1989 – qui tient la baguette, à la tête de l’Orchestre national philharmonique de Russie, phalange en résidence depuis 2004 au Festival de Colmar.


C’est à une soirée 100% russe que nous convie Spivakov, avec une première partie consacrée à l’un des monuments de la littérature pianistique russe, le Premier Concerto de Tchaïkovski. Après avoir connu un grand succès in loco l’an dernier en remplaçant un Evgeny Kissin défaillant, c’est Alexander Romanovsky (né en 1984) qui est au piano. Antispectaculaire, d’une magnifique variété dans les attaques, fourmillant d’idées musicales et chambriste dès que la partition le lui permet, l’approche du pianiste ukrainien s’oppose radicalement au «bulldozer» tape-à-l’œil que ce concerto devient parfois sous les doigts de certains de ses confrères: ici tout n’est que poésie, notamment la virtuose partie centrale de l’Andantino, qui exhale de suaves parfums sous son élégant toucher. En guise de bis, il gratifie l’auditoire d’une pièce de Bach tout aussi évanescente.


En seconde partie, Spivakov livre une intense exécution de la rare Première symphonie de Rachmaninov, ouvrage qui avait été un échec retentissant lors de sa création en mars 1897 sous la direction de Glazounov, au point que Rachmaninov pensa un moment arrêter sa carrière de compositeur. «Je ne trouve pas cette musique agréable du tout!» lui rétorqua tout de go Rimski-Korsakov! L’œuvre ne manque pourtant ni de lyrisme ni même de flamboyance, comme s’applique à le démontrer ce soir le chef russe, en faisant ressortir la richesse instrumentale et harmonique. L’orchestre s’avère excellent – les cors, le jeu des percussions et des cordes! – et brille particulièrement dans un finale impressionnant, sorte de péroraison monumentale proportionnée aux dimensions de l’ensemble. Comme chef et orchestre sont légitimement abondamment salués, ils offrent en bis une très poétique et touchante pièce de Grieg, «Le dernier printemps», seconde de ses Mélodies élégiaques.


Le festival bat son plein jusqu’au 14 juillet et il est donc encore temps d’aller écouter – toujours à 21 heures en l’église Saint-Matthieu – des artistes de la trempe de Grigory Sokolov (récital Chopin le 9), Matthias Goerne (dans les Kindertotenlieder de Mahler le 10), Boris Giltburg (dans le Deuxième Concerto pour piano de Rachmaninov le 11), Denis Matsuev (dans la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov et la Rhapsody in Blue de Gershwin le 12) ou encore le grand Evgeny Kissin, qui interprètera des œuvres de Schubert et de Scriabine (13 juillet).


Le site de l’Orchestre national philharmonique de Russie



Emmanuel Andrieu

 

 

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