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Elegante Traviata à Angers

Angers
Le Quai
06/16/2013 -  et 18* juin 2013
Giuseppe Verdi : La traviata

Mirella Bunoaica (Violetta Valéry), Edgaras Montvidas (Alfredo Germont), Tassis Christoyannis (Giorgio Germont), Leah-Marian Jones (Flora Bervoix), Cécile Galois (Annina), Christophe Berry (Gastone, visconte de Letorières), Laurent Alvaro (Barone Douphol), Pierre Doyen (Marchese d’Obigny), Frédéric Caton (Dottor Grenvil), Boo Sung Kim (Giuseppe)
Chœur d’Angers Nantes Opéra, Sandrine Abello (chef des chœurs), Orchestre national des Pays de la Loire, Roberto Rizzi Brignoli (direction)
Emmanuelle Bastet (mise en scène), Barbara de Limburg (décors), Véronique Seymat (costumes), François Thouret (éclairages)


M. Bunoaica, T. Christoyannis (© Jef Rabillon)


Après L’Etoile en 2005 et un très bel Orphée et Eurydice l’an passé, et avant un Pelléas et Mélisande que nous attendons déjà avec impatience la saison prochaine, Emmanuelle Bastet signe, avec cette Traviata, sa quatrième mise en scène in loco. On retrouve l’univers élégant, feutré et sensible qui caractérise son travail, avec le concours de Barbara de Limburg pour la scénographie et le fidèle François Thouret pour les lumières. Le rideau, au I, découvre une scène ceinturée de miroirs qui renvoient au narcissisme de Violetta, tandis que son insouciance et sa frivolité sont évoquées par une immense armoire remplie de dizaines d’escarpins de toutes les couleurs. Mais la légèreté fait bientôt place à la tragédie, et la nuit envahit peu à peu la plateau, à mesure que l’héroïne s’étiole. Les murs de roses descendant des cintres au II finissent à terre au III, tandis que la «dévoyée», à l’article de la mort, tend désespérément un bout de miroir du I, comme un symbole de ses illusions perdues.


La jeune soprano roumaine Mirella Bunoaica mérite le détour dans le rôle-titre. D’emblée, «Ah, fors’é lui» surprend par sa tenue de ligne et l’art raffiné du forte piano. Et même si la cabalette, prise dans un tempo trop prudent pour être éblouissante, révèle les limites de la voix en termes de virtuosité et de suraigu, on finit, au fil des tableaux, par être pleinement convaincu par cette belle artiste (qui intégrera la troupe de l’Opéra de Stuttgart la saison prochaine). On retrouve, chez le ténor lituanien Edgaras Montvidas, les qualités de vaillance et de style, le brillant dans l’aigu, l’articulation parfaite, les belles nuances, déjà remarqués, il y a quelques saisons, à Lyon, où il incarnait Lenski dans Eugène Onéguine. On aimerait néanmoins parfois un peu plus de chaleur chez le chanteur et de tendresse chez le personnage.


De son côté, le magnifique baryton grec Tassis Christoyannis (Germont) continue d’enchanter tant par son jeu scénique que par sa voix merveilleusement timbrée, sa musicalité et son phrasé prodigieux, et une palette de couleurs qui illuminent le fameux air «Di Provenza il mar». Les seconds rôles sont tous bien tenus, avec une mention pour le docteur Grenvil, pétri d’humanité, de Frédéric Caton. Quant au chœur maison, il se montre digne d’éloges, malgré quelques petits décalages au premier acte.


En fosse, l’excellent chef italien Roberto Rizzi Brignoli défend le chef d’œuvre de Verdi avec autant de musicalité que de chic. Il fait se surpasser un Orchestre national des Pays de la Loire des grands soirs, grâce à une direction à la fois vive, nuancée et sensible dont a grandement apprécié le rythme, la respiration et les couleurs.


Les spectateurs angevins, après plusieurs rappels, se sont finalement levés pour offrir une ovation debout, amplement méritée, à l’ensemble des protagonistes de cette belle soirée d’opéra.



Emmanuel Andrieu

 

 

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