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Pépite tchèque

Angers
Le Quai
09/28/2012 -  et 30* septembre (Angers), 17, 19, 21, 23, 24 octobre (Nantes) 2012
Bedrich Smetana : Dvĕ vdovy

Lenka Máciková (Karolina), Sophie Angebault (Anezka), Ales Briscein (Ladislav Podhájský), Ante Jerkunica (Mumlal), Robin Tritschler (Toník), Khatouna Gadelia (Lidunka)
Chœurs d’Angers Nantes Opéra, Sandrine Abello (direction), Orchestre national des Pays de la Loire, Mark Shanahan (direction musicale)
Jo Davies (mise en scène), Joanna Parker (décors et costumes), Simon Corder (lumière), Andrzej Golding (vidéo)


L. Máciková, A. Jerkunica (© Angers Nantes Opéra/Jeff Rabillon)


Grâces soient rendues à Jean-Paul Davois, directeur d’Angers Nantes Opéra, pour sa programmation artistique originale et ambitieuse, qui débute avec cette rareté absolue que sont Les Deux Veuves de Bedrich Smetana, quand tant de maisons d’opéra se contentent des mêmes titres rebattus. Cette volonté de sortir de l’ombre des œuvres peu ou jamais jouées se poursuivra en novembre-décembre avec Un chapeau de paille d’Italie de Nino Rota, puis La Rose blanche d’Udo Zimmermann en janvier-février 2013.


Jamais donné en version scénique en France, cet opéra est pourtant un joyau du répertoire lyrique tchèque, riche d’une extraordinaire palette rythmique et mélodique. A côté de récitatifs pleins d’esprit, la partition captive par des ensembles composés avec maestria (duos, trios et quatuors s‘enchaînent), le caractère des différents personnages étant par ailleurs campé dans de superbes arias. Le chœur vient, de son côté, souligner la nature populaire du milieu tchèque, avec tout le folklore attendu dans ce type d’ouvrage. L’action narre l’histoire de deux cousines, Karolina et Anezka, jeunes veuves attirées par le même homme, le braconnier Ladislav. Karolina a cependant tôt fait de reconnaître dans le jeune homme un ancien amour de sa cousine, et décide donc de lui laisser la place. Mais Anezka, bien que maintenant libre, veut rester fidèle à son défunt époux. Cherchant son bonheur, Karolina va tirer maintes ficelles pour rapprocher les jeunes gens, notamment en faisant semblant de flirter avec le braconnier pour éveiller la jalousie de sa cousine. Anezka se rend compte qu‘elle aime réellement Ladislav et qu’elle ne doit pas passer à côté de cet amour.


Le metteur en scène Jo Davies situe l’action dans le nord de la France juste après la Seconde Guerre mondiale, comme l’indique la vidéo projetée pendant l’Ouverture, qui montre une scène de bataille aérienne dans laquelle périt le mari d’Anezka. Le décor unique signé Joanna Parker montre l’intérieur cossu de la demeure de Karolina, surchargé d’animaux empaillés et de représentations d’aéronefs, souvenirs évoquant le défunt et les jours heureux. Saluons le travail des deux femmes britanniques qui nous proposent une histoire contée avec tact, poésie et humour.


La Slovaque Lenka Máciková aborde le rôle de Karolina avec une grande aisance dans l’aigu et un solide sens de la comédie, dessinant au passage un personnage au caractère bien trempé, particulièrement friponne et intrigante. En dépit de sa voix lyrique et puissante, la soprano française Sophie Angebault déçoit dans la partie d’Anezka, à cause de son envahissant vibrato et de son jeu scénique un rien compassé, comme nous l’avions déjà souligné à propos de La Vie parisienne donnée à Nantes en décembre dernier. Ales Briscein, seul Tchèque de la distribution, possède un timbre clair et séduisant, mais il le malmène par un chant tout en force, sans nuances, qui vient constamment agresser nos tympans. Dans le rôle comique de Mumlal, la basse croate Ante Jerkunica, à la voix sonore dotée de graves profonds, ravit par sa faconde communicative. Quant à Robin Tritschlet (Toník) et Khatouna Gadelia (Lidunka), dont on a apprécié la fraîcheur et la musicalité, ils récoltent un succès mérité aux saluts.


Sous la baguette de Mark Shanahan, déjà au pupitre pour La Bohème qui a clos la saison 2011-2012, les rythmes fortement accentués et les enchantements lyriques de Smetana transportent. Dommage cependant que le chef irlandais, sans doute emporté par sa fougue et par une musique d’une séduction irrésistible, fasse parfois sonner trop fort un Orchestre national des Pays de la Loire pour sa part irréprochable. Irréprochable s’avère également le chœur maison. L’accueil du public angevin, il faut le préciser, a été très enthousiaste, et les Nantais pourront à leur tour, entre le 17 et le 24 octobre, succomber aux sortilèges de cette pépite tchèque.



Le site d’Angers Nantes Opéra



Emmanuel Andrieu

 

 

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