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Le romantisme de Leonskaya

Bruxelles
Conservatoire
01/20/2007 -  
Franz Liszt : Sonnets de Pétrarque n°104 et 123
Piotr Ilyich Tchaïkovsky : Sonate pour piano n°2, opus 37 "Grande sonate"
Frédéric Chopin : Scherzos n°1, opus 20, n°2, opus 31, n°3, opus 39, n°4, opus 54 – Nocturne n°8, opus 27 n°2

Elisabeth Leonskaya (piano)


Le public bruxellois accueille toujours chaleureusement les anciens lauréats du Concours Reine Elisabeth, la carrière de certains étant suivie avec beaucoup d’assiduité par leurs plus fervents admirateurs. C’est le cas d’Elisabeth Leonskaya, lauréate de la session de 1968, qui, si elle ne remporta "que" la neuvième place, n’en demeure pas moins plus célèbre que les trois premiers prix (Novitzkaya, Kamychov et Siegel). A un public venu nombreux, elle a offert un programme généreux, intégralement consacré dédié au romantisme et comprenant, initiative toujours bienvenue, une œuvre plus rare et négligée.


Sous ses doigts délicats, les deux Sonnets de Pétrarque (1838, révisés en 1858) de Liszt sont éloquents et d’une grande justesse d’expression. Lyrique, méditative, voire contemplative, son interprétation dévoile une sonorité riche et délicieusement veloutée. Contemporaine du Concerto pour violon, la Seconde Sonate (1878) de Tchaïkovsky est une œuvre peu populaire, réputée surchargée et, qui plus est, d’une grande difficulté d’exécution. Inscrivant cette Sonate dans une vision schumanienne (démarche naturelle, compte tenu du caractère de cette vaste composition), Elisabeth Leonskaya montre qu’elle est capable de puissance et d’en exalter la profonde expressivité romantique. Toutefois, elle n’en atténue nullement le côté inutilement bruyant et l’on doit supporter quelques duretés et une sonorité parfois ingrate et revêche.


Dans la seconde partie de son récital, entièrement consacré à Chopin, Elisabeth Leonskaya prend le pari de donner les quatre Scherzos (1832-1842) dans l’ordre chronologique de leur composition. Le Chopin de Leonskaya est sans concession : la pianiste décape ces pages, jouées comme un cycle, de tout maniérisme et mièvrerie pour en extérioriser tout le drame. Malgré quelques scories, son jeu peut se montrer fougueux (Premier Scherzo), impétueux (Deuxième Scherzo), fulgurant (Troisième Scherzo) mais aussi serein (Quatrième Scherzo), témoignant ainsi une grande variété de toucher. En insérant entre les Deuxième et Troisième Scherzo le Huitième Nocturne (1835), Elisabeth Leonskaya ne brise pas la continuité du cycle mais impose une transition bienvenue, bien que son Chopin s’avère toujours aussi torturé.




Sébastien Foucart

 

 

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