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Apothéoses Ariège Mirepoix (Cathédrale Saint-Maurice) 07/31/2026 - Johannes Brahms : Concerto pour violon, opus 77
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 7, opus 92 Nathan Mierdl (violon)
Orchestre de chambre de Toulouse, Edwin Crossley-Mercer (direction)
 N. Mierdl, E. Crossley-Mercer (© Christophe Charlet)
Comme le château de Terride, la Cathédrale Saint‑Maurice (XIIIe-XVIe, restaurée par Viollet‑le‑Duc), souvenir de ce que Mirepoix fut le siège d’un diocèse de 1317 à 1801, est l’un des lieux emblématiques du Festival Castel Artès. Après y avoir donné la soirée inaugurale, l’Orchestre de chambre de Toulouse y revient pour le concert de clôture dans un programme romantique qui a largement garni les bancs de l’édifice.
La température régnant dans les édifices religieux, qui offraient auparavant des havres de fraîcheur durant l’été, n’a désormais plus rien à envier à la chaleur extérieure et il faut donc disposer cinq ventilateurs autour des musiciens. Mais alors que leurs camarades ne sont pas encore montés sur les degrés de l’autel, les quatre cornistes, depuis une galerie, interprètent une pièce aussi rare que délicieuse, « Nocturne », premier des six Quatuors (1910) de Nicolas Tchérépnine (1873‑1945), dont on aurait volontiers attribué le moelleux ré bémol majeur à un compositeur germanique du XIXe.
Les compositeurs allemands (adoptés par Vienne) auront néanmoins la part belle durant cette soirée. Dans le Concerto pour violon (1877) de Brahms, on découvre les effets habituels de la réverbération qui prévaut souvent dans les églises, c’est‑à‑dire une tendance à la confusion dans les passages forte ou rapides (et encore plus dans les passages forte et rapides), les équilibres sonores étant compliqués par un effectif atypique, avec seulement douze cordes. Cela étant, la simple présence de Nathan Mierdl (né en 1998), qui jouait trois jours plus tôt dans L’Histoire du soldat de Stravinski, aura suffi à faire le prix de ce moment : un violon lumineux et précis, juste et subtil, favorisé quant à lui par l’acoustique du lieu. Les traits sont nets, les aigus brillent par leur timbre et leur pureté impeccables. Porté par un accompagnement sage et paisible, le premier violon solo du Philharmonique de Radio France trace son chemin avec sûreté et autorité : tout est musique, à l’image de la cadence du premier mouvement qui ne se réduit pas à l’exercice imposé de figures virtuoses qu’on entend trop souvent mais devient un moment privilégié, animé par un sens remarquable de la narration et des transitions.
Après l’entracte, la Septième Symphonie (1812) de Beethoven se déploie sans extravagances, devant un public dont la concentration est toujours aussi remarquable et dans une ambiance chambriste qu’autorise le petit effectif et qu’attestent les nombreux regards complices entre les musiciens. Respectant toutes les reprises, Edwin Crossley‑Mercer établit un juste milieu entre Apollon et Dionysos : l’énergie motrice, essentielle dans cette musique, est bien toujours présente, mais l’approche demeure très équilibrée. On pourra bien sûr regretter que l’ensemble pâtisse, pour les raisons sus‑évoquées, de détails ressortant de manière inattendue, tandis qu’au contraire certaines voix sont parfois escamotées, mais à défaut sans doute de l’« apothéose de la danse » qu’y voyait Wagner, l’œuvre constitue en tout cas l’apothéose finale d’un festival dont la programmation est en partie consacrée à la danse.
Le site de Nathan Mierdl
Le site de l’Orchestre de chambre de Toulouse
Simon Corley
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