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Ca pulse München Herkulessaal 03/27/2025 - et 28* mars 2025 William Grant Still : Mother and Child
Antonín Dvorák : Suite américaine en la majeur, opus 98b, B. 190
Leonard Bernstein : Serenade (after Plato’s « Symposium »)
George Gershwin : An American in Paris Janine Jansen (violon)
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, James Gaffigan (direction)
 J. Jansen (© Decca/Marco Borggreve)
Programme américain au total bien plaisant pour une salle sans fantaisie, la colossale salle Hercule du château de la Résidence royale de Munich. Il débute par La Mère et l’Enfant (1943), une courte page (sept minutes) pour orchestre à cordes de William Grant Still (1895‑1978) qui a beaucoup fait pour la célébrité de son auteur, au moins aux Etats‑Unis. La qualité et la sensualité des cordes de l’orchestre bavarois ne suffisent cependant pas à en soutenir l’intérêt. C’est une musique de film assez sirupeuse, américaine dans le plus mauvais sens du terme et dénuée de toute surprise.
Les choses s’améliorent heureusement avec la Suite américaine (1895) d’Antonín Dvorák (1841‑1904) écrite alors que le compositeur tchèque était aux Etats‑Unis. On a du mal à cerner l’origine des thèmes. On ne sait pas bien d’où viennent ces mélodies populaires et dansantes qui parcourent les cinq mouvements de l’œuvre. On hésite entre l’inspiration américaine et le folklore tchèque – il y a sans doute des deux – mais on est facilement entraîné tant les Bavarois savent mettre en valeur toute la saveur de ces pages, en faire éclater toutes les couleurs sans étaler de gros effets même si le timbalier met beaucoup de cœur à l’ouvrage.
Les qualités de l’orchestre se retrouvent pleinement après la pause dans la fameuse Sérénade (1954) de Leonard Bernstein (1918‑1990), une œuvre inspirée de Platon mais en rien platonique. Le violon aussi charmeur qu’engagé de Janine Jansen lui jette des œillades sans se départir d’un discours d’une limpidité impressionnante. Le chef américain James Gaffigan (né en 1979) y répond en privilégiant le lyrisme de la partition à ses côtés stravinskiens, à son âpreté. Et ça swingue superbement dans le dernier mouvement. Janine Jansen est fortement applaudie mais n’offre pas de bis malgré les nombreux rappels. C’est sans doute de la faute du bouquet de fleurs qu’on lui a trop rapidement offert à l’issue de sa prestation, qu’elle garde bien dans les bras et qui l’encombre...
Un Américain à Paris (1928) de George Gershwin (1898‑1937) ne sera pas moins réussi. On est pris dans les tourbillons de la circulation parisienne et ses klaxons. L’orchestre claque et brille de mille feux. James Gaffigan finit par lâcher les chevaux mais rien ne déraille avec des musiciens pareils. L’orchestre se révèle une nouvelle fois exceptionnel de maîtrise pour mettre tout le monde de bonne humeur.
Stéphane Guy
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