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Deux doublés

Paris
Maison de la radio et de la musique
03/21/2025 -  et 26* mars 2025

21 mars – et 28 mars (Dijon)
Johannes Brahms : Concerto pour piano n° 1, opus 15
Antonín Dvorák : Symphonie n° 6, opus 60, B. 112



26 mars – et 27 mars (Dijon)
Johannes Brahms : Concerto pour piano n° 2, opus 83
Antonín Dvorák : Symphonie n° 7, opus 70, B. 141

Alexandre Kantorow (piano)
Philharmonique de Radio France, John Eliot Gardiner (direction)


A. Kantorow (© Sasha Gusov)


Alexandre Kantorow était de retour à l’Auditorium de Radio France pour deux soirées consacrées aux concertos pour piano de Johannes Brahms sous la direction de John Eliot Gardiner.


Pour la première soirée, tous les musiciens du Philharmonique de Radio France arboraient le ruban rouge en solidarité avec Sidaction et la recherche pour le sida. L’ambiance était électrique à la maison ronde dans l’attente du retour de John Eliot Gardiner et pour le début de cette intégrale des Concertos pour piano de Brahms par Alexandre Kantorow, désormais un habitué des saisons du Philharmonique de Radio France.


Le concert commence directement par le Premier de ces deux concertos. Le chef dirige avec opulence son introduction et le pianiste attaque avec beaucoup de prudence et de soin des détails, des phrasés et une sonorité d’une clarté exemplaire et un soin analytique qui se maintient durant toute l’œuvre, particulièrement dans son deuxième mouvement, joué avec religiosité et poésie. On admire surtout cette capacité de rendre la plénitude des sons jusqu’au bout de chaque note et la précision de la technique dans les nombreuses difficultés qui parsèment l’œuvre, particulièrement trilles, gammes et octaves. On admire tout autant les musiciens, notamment le cor solo.


Très chaleureusement accueilli, Alexandre Kantorow ne se fait pas prier pour ajouter au programme la Deuxième des Romances opus 28 de Schumann et la transcription par Busoni du Choral Ich ruf’ zu Dir de Bach avec, luxe incroyable, l’aide du premier violon Nathan Mierdl pour glisser les pages de sa tablette-partition.


Dans le long Second Concerto qu’il fréquente depuis plus longtemps, Alexandre Kantorow a une approche plus fluide, plus fondue avec l’orchestre que dans le Premier. Et avec des tempi souvent très rapides, de vraies prises de risque qui ne lui font pas peur ! Après le concerto, Alexandre Kantorow appelle le premier violon Nathan Mierdl non plus pour l’aider avec la partition mais pour jouer en duo le Scherzo (signé Brahms) de la Sonate « F.A.E. », œuvre en quatre mouvements pour violon et piano, issue de la collaboration de Brahms, Schumann et de son élève Albert Dietrich. Le violoniste, qui joue sur un violon de Hieronimus Amati (1696), se révèle un partenaire de choix, à la hauteur du grand talent chambriste du pianiste. Puis Kantorow, très généreux, tire sa révérence avec la Valse triste de Győrgy Cziffra.


Sir John Eliot avait choisi pour ces deux programmes d’associer à Brahms Dvorák, qui l’a tant admiré, avec les Sixième et Septième Symphonies, moins souvent au programme des concerts que les deux dernières. Si l’on était curieux d’entendre le chef anglais dans ce répertoire qu’on ne lui connaît guère en France, il faut bien avouer qu’avec un orchestre dont les instruments sont placés sur scène d’une façon non habituelle, nous n’avons pas été convaincu par son interprétation, très entachée par une direction métronomique et souvent épaisse dans ces deux œuvres dont il n’a pas su exalter la beauté slave si étrange ni la rythmique si particulière dans les mouvements de danse.


Ces deux concerts, retransmis en direct par France Musique et disponibles en podcast, ont été filmés pour une diffusion ultérieure sur YouTube.



Olivier Brunel

 

 

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